Actualisation du vendredi 7 juin 2024 : dans le cadre du Prix du Meilleur Article Financier (PMAF), organisé par Lire La Société en partenariat avec la Banque de France et l’AJEF, cet article a été sélectionné dans la catégorie «Journalistes confirmés». Capital le republie à cette occasion.

Enfin ! Mi-juillet, Bard, le robot conversationnel de Google, a débarqué en Europe et en France. Il permet désormais aux internautes de poser leurs questions, en langue française, à cette intelligence artificielle, et même d'intégrer des images à leurs recherches... En espérant toutefois que les réponses obtenues soient fiables : lorsqu’il a été officiellement annoncé, le 8 février, Bard s’était en effet couvert de ridicule en affirmant, à tort, que le télescope James Webb avait été le premier à photographier une planète située en dehors de notre système solaire – le pionnier est en réalité un autre observatoire, basé au Chili… La bourde, survenue en pleine présentation marketing, devant des dizaines de journalistes, avait fait plonger la valeur boursière de Google de 100 milliards de dollars dans la journée.

La mésaventure explique pourquoi, depuis plusieurs semaines, les salariés de Google sont invités à se gaver de pâtée pour chien. Rassurez-vous, il ne s’agit ni d’un supplice collectif ni d’un de ces challenges idiots, comme on en déplore parfois sur les réseaux sociaux. «C’est tout à fait sérieux, explique un Français expatrié dans la baie de San Francisco. Dans notre jargon, ce régime “dogfood” (“nourriture pour chien”) désigne une procédure de test, destinée en l’occurrence à identifier des bugs sur Bard.» Mi-février, Sundar Pichai, le P-DG d’Alphabet, la maison mère, avait en effet demandé à tous ses salariés de consacrer au moins deux heures à expérimenter cette nouvelle application, pour vérifier que l’IA ne proférait ni bêtises ni insanités. Il faut dire aussi qu'il est dur de passer pour le dernier de la classe lorsque vous êtes censé avoir réponse à tout. Et c’est encore plus difficile à digérer quand c’est un vieil ennemi, de ceux que vous pensiez avoir définitivement terrassés, qui vous pousse à la faute au moment où vous vous y attendiez le moins. Le tout, alors même que vous fêtez vos 25 ans, Google ayant été créé officiellement le 4 septembre 1998.

«Je veux que les gens sachent qu’on a fait danser Google», fanfaronnait récemment Satya Nadella, le P-DG de Microsoft, dans une interview publiée par le site The Verge. Le big boss ne regrette pas une seconde d’avoir investi plus de 10 milliards de dollars dans OpenAI, cette start-up californienne qui a secoué le marché de l’intelligence artificielle avec son appli ChatGPT. Capable de répondre à toutes sortes de questions, de résumer un texte, de disserter sur des thèmes philosophiques, cet autre robot conversationnel avait déjà conquis 100 millions d’utilisateurs en janvier, seulement deux mois après son lancement. Du jamais-vu dans l’histoire d’Internet. Au point que Microsoft a fini par l’intégrer dans son propre moteur de recherche, Bing. Avec seulement 3% du marché contre plus de 90% pour Google, l’inventeur de Windows a tout à y gagner: chaque petit pourcent conquis pourrait lui rapporter 2 milliards de recettes supplémentaires.

La suite est réservée aux abonnés
Abonnez-vous à Capital Profitez de -40% sur votre abonnement annuel standard
  • Accès à tous les articles réservés aux abonnés
  • Le magazine en version numérique
  • Sans engagement