
Séance d’explication entre Bernard Arnault et Fabien Gay, sénateur rapporteur de la commission d’enquête sur les aides aux grandes entreprises, mais aussi directeur de la publication du journal L’Humanité. Une double casquette qui n’a pas manqué de déranger Bernard Arnault, alors qu’un article dans le quotidien était critique envers les affaires du PDG de LVMH.
«Je suis un peu choqué de voir que le rapporteur, ici présent, a, dans son journal trouvé opportun, en première page, de dire que le secteur d’activité du luxe que je représente sabrait l’emploi, alors que c’est précisément le contraire», a ainsi attaqué Bernard Arnault, avant même le top départ de son audition. «J’aimerai bien que l’on soit tous logés à la même enseigne dans cette commission. Nous devons nous dire la vérité. Pourquoi votre journal a titré avec quelque chose de faux ?», a-t-il conclu lors de sa prise de parole inaugurale d’une audition d’une durée de plus d’1h30.
L’Humanité pointe la suppression de 1 200 emplois dans la filière Moët Hennessy
Bien que le sujet énoncé par Bernard Arnault ne concernait en aucun cas l’objet de la commission d’enquête, le rapporteur Fabien Gay s’est défendu, à la suite de la question posée par le milliardaire. «Vous m’interpellez mais avec un débat respectueux, je veux pouvoir vous y répondre. L’Humanité a fait un article sur les luttes sociales, à peu près partout en France, ce n’était pas une enquête au long cours», présente le sénateur PCF, avant de préciser la raison de la colère de Bernard Arnault : «il y a eu un article sur la suppression d’emplois sur la filière Moët Hennessy qui concerne votre groupe».
En effet, il y a quelques semaines, dans une vidéo reçue la veille du 1er mai, les 9 400 employés du groupe ont appris l’objectif de suppression de 10% des effectifs, soit 1 200 postes, de la filière Moët Hennessy, qui donne les lettres MH de LVMH. Fabien Gay a également expliqué qu’il n’était pas au courant de la Une sortie au sein de son journal, à la veille de la commission d’enquête de Bernard Arnault. Le timing a, en tout cas, questionné le patron de LVMH mais aussi plusieurs médias français. Dans sa défense, Fabien Gay a, au final, voulu plaider la liberté d’expression de ses journalistes : «Je ne tiens par le style de l’ensemble de mes journalistes, comme vous ne tenez pas le stylo des journalistes du Parisien ou des Echo».

















