
Y'a-t-il de l'eau dans le gaz entre KNDS et l'Allemagne ? Lundi 15 juin, dans une interview lundi au journal Handelsblatt, le fabricant de char a vivement critiqué Berlin pour son manque de coopération militaire avec Paris au sujet du groupe franco-allemand à la suite de l'échec retentissant de l'avion de combat du futur, le SCAF. Avant l'entrée en Bourse du groupe franco-allemand KNDS, prévue d'ici la fin de l'année et très attendue par les deux capitales, Berlin réclamerait des «droits de veto» sur la propriété intellectuelle en Allemagne du producteur de blindés, selon le journal s'appuyant sur des sources gouvernementales anonymes.
Cette proposition proviendrait de plusieurs députés sociaux-démocrates (SPD), partenaire minoritaire de la coalition avec les conservateurs du chancelier Friedrich Merz. «Voulons-nous vraiment traiter la France, avec laquelle nous coopérons avec succès depuis de nombreuses décennies dans plusieurs projets d’armement, comme la Chine ?», a critiqué Tom Enders, président du conseil d'administration de KNDS, auprès du Handelsblatt. Il note aussi une tendance «préoccupante» à «se cantonner toujours plus au niveau national en matière de défense et de coopération dans l'armement».
Le projet de char du futur remis en cause ?
Interrogé par l'AFP, le ministère allemand de la Défense a refusé de commenter ces déclarations. Tom Enders, ancien patron d'Airbus, avait déjà fustigé la position de Berlin sur le SCAF, pointant que l'Allemagne n'a pas développé d'avion de combat de manière autonome depuis 1945. Après l'échec de ce projet phare la semaine précédente, miné par les tensions entre industriels, Paris et Berlin peinent à rassurer sur l'état des autres partenariats militaires en cours, dans un contexte pressant de réarmement face à la menace russe.
Lundi, le gouvernement allemand n'a pas exclu la possibilité que le projet de char du futur, MGCS, dans lequel KNDS est impliqué, débouche sur deux blindés pour chaque pays au lieu d'un seul. Créé en 2015, KNDS résulte d'un rapprochement entre le français Nexter et l'allemand Krauss-Maffei Wegmann et veut être un pendant, dans l'industrie de défense terrestre, à la concurrence américaine et au groupe Rheinmetall en plein essor.
La maison mère de KNDS, holding de droit néerlandais, est contrôlée à parts égales par l'Etat français et la famille allemande Wegmann, qui souhaite désormais vendre les siennes. Berlin, qui veut en profiter, a annoncé fin mai après des mois d'atermoiement viser une participation de 40%, susceptible d'être réduite à 30% d'ici deux à trois ans. «Les discussions sur l'entrée de l'Etat allemand dans KNDS continuent actuellement», a dit un porte-parole du ministère allemand de la Défense à l'AFP.



















