Presque dix ans après le lancement du projet, le SCAF est désormais mort-né. L’Allemagne, puis la France, ont confirmé ce lundi 8 juin que ce projet d’avion de combat européen, mais également de drones reliés entre eux par un système de communication numérique, ne verrait finalement pas le jour. Les deux pays se sont entendus pour «ne plus poursuivre la construction d'un avion de combat commun», l’Elysée précisant même que les «autorités allemandes ont estimé qu’il n'était pas possible de presser davantage les entreprises concernées». La faute notamment à des dissensions entre les deux principaux acteurs concernés, à savoir Dassault Aviation et Airbus.

Mais surprise. Au lendemain de cette annonce, qui était attendue de longue date finalement, une proposition pour développer un avion de chasse «de sixième génération» a été formulée à Berlin par huit entreprises, majoritairement allemandes, dont Airbus, rapporte BFM. L’information, dévoilée dans un premier temps par le Financial Times, précise qu’un groupement, le «Team Gen 6», aurait écrit au ministère allemand de la Défense, dirigé par Boris Pistorius, pour proposer ce nouveau projet, a laissé entendre un des acteurs concernés, le fabricant allemand de capteurs et de radars, Hensoldt.

Officialisation le 11 juin ?

Evidemment, Dassault Aviation ne figure pas parmi ces huit sociétés. Selon le Financial Times, ce «Team Gen 6» regrouperait la branche Défense et spatial d’Airbus, le Français MBDA (missiles), et surtout les six Allemands : Rohde & Schwarz (technologies électroniques), MTU Aero Engines (moteurs), Liebherr et Autoflug (équipements aéronautiques), Diehl (missiles) ainsi qu’Hensoldt. Si toutes les autres entreprises n’ont pas souhaité commenter, l’annonce devrait intervenir officiellement jeudi 11 juin à l’occasion du salon de l'aéronautique ILA à Berlin.

Evalué à plus de 100 milliards d’euros, le projet SCAF a capoté notamment parce que Airbus et Dassault ne se sont pas entendus, sur fond de divergences stratégiques et industrielles. Représentant l’Allemagne et l’Espagne, Airbus voulait représenter un poids équivalent à deux tiers du programme, ce que refusait Dassault. Le constructeur français était également soucieux de protéger le savoir-faire de son Rafale.

Remplacer l'Eurofighter Typhoon

Et si «l'Allemagne recherche de nouveaux partenaires pour construire un avion de combat de nouvelle génération», a rappelé le ministre de la Défense, Boris Pistorius, Airbus veut montrer qu’il est capable de répondre à cette demande. Le ministre allemand a d’ailleurs rappelé que son pays était «déjà en pourparlers avec diverses parties prenantes à ce sujet depuis des mois». Si Airbus construit l'Eurofighter Typhoon conjointement avec le Royaume-Uni, l’Allemagne l’Italie et l’Espagne, il doit être remplacé. D’où la nécessité d’aller vite dans ce dossier, contrairement à Dassault avec son Rafale.