Une réflexion qui appelait une réponse. Il y a quelques jours, le chef de la diplomatie allemande a remis en question la position de la France en faveur de la souveraineté européenne en matière de défense. Le ministre allemand des Affaires étrangères a reconnu qu’Emmanuel Macron «évoque à juste titre tout le temps notre aspiration à la souveraineté européenne». Pour autant, il a rappelé que «quiconque en parle doit agir en conséquence dans son propre pays», estimant que «les efforts déployés jusqu'à présent en République française sont insuffisants pour y parvenir».

Le chancelier allemand, Friedrich Merz, a, lui aussi, émis des doutes quant à la volonté française et en a remis une couche en remettant en cause la participation de son pays au projet d’avion franco-allemand, le fameux SCAF (Système aérien combatif du futur), rapporte Le Monde. «Les Français ont besoin, dans la prochaine génération d’avions de combat, d’un avion capable de transporter des armes nucléaires et d’opérer à partir d’un porte-avions. Ce n’est pas ce dont nous avons besoin actuellement dans l’armée allemande», a-t-il déclaré.

Emmanuel Macron reste «engagé pour le succès du SCAF»

Des déclarations qui n’ont pas manqué de faire réagir la présidence française, mercredi 18 février. Elle assure qu’Emmanuel Macron reste «engagé pour le succès du SCAF». L’Élysée précise : «Les besoins militaires des trois États participants n'ont pas changé, qui incluaient d'emblée la dissuasion française comme les autres missions de l'avion du futur». Pour que tout soit bien clair, elle insiste sur l’importance de ne pas voir apparaître de «divergences industrielles», et ce, «alors même que nous devons collectivement montrer unité et performance dans tous les domaines intéressant son industrie, sa technologie et sa défense».

Le SCAF a donc du plomb dans l’aile. Initié dès 2017 par Emmanuel Macron et Angela Merkel, alors chancelière allemande, le projet avait été rejoint par l’Espagne deux ans plus tard. D’ici 2040, le nouvel avion de combat doit remplacer les vieux Rafale et Eurofighter utilisés par les trois parties. Un projet qui pourrait donc ne jamais voir le jour, si la France ne revoit pas à la hausse son budget de la Défense.