
La France fait le choix de la souveraineté nationale. Afin de remplacer ses lance-roquettes unitaires (LRU), qui deviendront obsolètes courant 2027, la Direction générale de l’armement (DGA) a lancé, en 2023, un programme FLP-T (Frappe de Longue Portée Terrestre) pour évaluer les solutions disponibles. Et il semble que le gouvernement ait fait son choix. Lors de son allocution inaugurale au salon Eurosatory, la ministre des Armées, Catherine Vautrin, a annoncé l’ouverture de négociations avec un consortium formé par Safran et MBDA.
Le programme FLP-T a pour objectif de redonner à la France une capacité de frappe dans la profondeur, essentielle notamment dans la guerre en Ukraine. «Vous le savez, notre pays a souhaité se doter pour la frappe dans la profondeur d’un successeur au lance-roquettes unitaire [LRU], a-t-elle déclaré. Nous sommes en phase, je vous l’annonce ce matin, [il y a] des négociations exclusives avec un groupement souverain composé de Safran et MBDA», a déclaré la ministre, ce lundi 15 juin, citée par BFMTV.
Quel est le système Thundart présenté ?
D’autant plus que la fin des LRU, dérivés d’un système développé par l’américain Lockheed Martin, aurait provoqué un risque de rupture capacitaire pour l’armée de Terre. Pour remporter les «enchères», le consortium Safran-MBDA a dévoilé, en avril dernier, le système Thundart. Cette roquette sol-sol de longue portée est capable d'amener huit roquettes sur un camion-lanceur «tout chemin» qui peut rouler jusqu'à 80 km/h. Il peut «délivrer le tir» et la capacité de «pouvoir vite changer de position», précisait Michael Soulat, responsable du programme de Safran Electronics & Defense, lors du premier tir de démonstration.
La concurrence était pourtant rude pour les deux entreprises. L’association ArianeGroup et Thales ont présenté un missile balistique de longue portée qui pourrait potentiellement atteindre jusqu’à 2 500 kilomètres. Plusieurs autres candidatures sur étagère ont également été étudiées par la Direction générale de l’armement (DGA) afin de comparer leurs performances, leurs coûts et leurs délais de livraison : le système sud-coréen K239 Chunmoo et le dispositif Himars américain de Lockheed Martin.
Pas de négociations exclusives pour l'instant
Si Safran et MBDA ont pris une longueur d’avance, des négociations exclusives ne sont pas à l’ordre du jour puisque l’hypothèse d’un recours au Himars n’est pas écartée. Mais le gouvernement pourrait se heurter à la méfiance d’une partie de la classe politique et du secteur industriel, qui ne souhaitent pas dépendre autant des Etats-Unis pour une capacité considérée comme stratégique.



















