
Quelques jours après l’abandon du projet de Système de combat aérien du futur (SCAF), Dassault Aviation et Airbus se déchirent sur un autre programme : celui sur le drone de surveillance Eurodrone. Selon les informations de Reuters, relayées par BFMTV, la France a décidé de suspendre les achats d’Eurodrone, entraînant un changement dans la répartition des travaux. Subissant une baisse de sa charge de travail, Dassault demande alors une compensation financière à Airbus. Si la France n'a pas officiellement quitté le programme Eurodrone, évalué à sept milliards d'euros, le projet d'actualisation de la loi de programmation militaire (LPM) a rebattu les cartes.
Considérant que le besoin en drone de surveillance MALE (moyenne altitude, longue endurance) est «aujourd'hui moins adapté» aux conflits de haute intensité, le gouvernement a soustrait les fonds initialement prévus pour l'achat de six systèmes Eurodrone à l'horizon 2035. A l’inverse, des drones «de moindre coût» sont désormais en développement. Le principe européen du «retour géographique» permet alors aux Etats participant à des programmes industriels que le montant des contrats noués avec leur industrie nationale soit proportionnel à leur investissement. Ce qui explique la requête de Dassault Aviation qui s'est refusée à tout commentaire.
Des nouvelles tensions après l'abandon du projet SCAF
Cet événement illustre, une nouvelle fois, la détérioration des relations entre Dassault et Airbus, marquée par la fin du projet de Système de combat aérien du futur (SCAF). L'Allemagne et la France ont confirmé, lundi 8 juin, la fin de ce programme destiné à développer un avion de combat européen de nouvelle génération, destiné à succéder aux Rafale français et aux Eurofighter allemands et espagnols à l'horizon 2040. Les deux principaux industriels du programme ont progressivement paralysé son développement.
Mais contrairement au SCAF, l'Eurodrone est à un stade avancé de développement. Les conséquences contractuelles immédiates d'une éventuelle rupture sont ainsi très différentes. Une source proche du dossier précise que si les discussions sur les deux programmes impliquant Dassault et Airbus sont distinctes sur le papier, elles n'en demeurent pas moins liées sur les plans «psychologique et politique».



















