
Le général Fabien Mandon a de la suite dans les idées. Auditionné le 9 avril dernier par la commission sénatoriale des Affaires étrangères et de la Défense, le chef d’état-major (CEMA) est revenu sur le travail mené autour de l’aviation de chasse française. «Le ministère s’y est enfin attelé, en tenant compte de l’exigence impérative de la dissuasion nucléaire, du grand rendez-vous de 2035 et du nouvel avion de combat pour un missile de type particulier», a-t-il affirmé, se demandant s’il «fallait-il fournir à notre défense en 2031 ou 2032 des appareils de combat d’un bon standard mais en risquant un déclassement».
«Les F4 et F5 sont des Rafale, mais ces appareils sont très différents dès lors qu’il s’agit des données numériques, de la connectivité ou de la capacité à travailler avec des drones», a résumé le CEMA, dont le regard sur le projet d’actualisation de la LPM, présenté par Catherine Vautrin, importe forcément. Si la priorité a été donnée au Rafale F5, qui «pourra se connecter à des drones avec des liaisons de données souveraines et des missiles d’une gamme totalement nouvelle», a expliqué le général Mandon, la question du format de l’aviation de chasse reste entière.
«Voilà ce que je défends»
Le général Fabien Mandon a d’ailleurs estimé que, s’agissant du «format de notre aviation, […] nous ne sommes pas au bon niveau». Et pour y remédier, il a évoqué le recours aux drones, comme le détaille le site spécialisé zone militaire.
«Je crois beaucoup dans la capacité des drones. […] L’armée de l’Air et de l’Espace pourrait créer rapidement un escadron de drones. En effet, si nous produisions en masse des drones de 3 000 kilomètres de portée, qui emportent 200 à 400 kilos d’explosifs [...] elle bénéficierait d’une capacité fantastique dans sa fonction bombardement. Nous perdrons certainement de nombreux appareils, mais certains autres passeront. Voilà ce que je défends», a affirmé Fabien Mandon en commission.



















