Une perte de plus de douze milliards de dollars en quelques heures, des résultats décevants au premier trimestre… Bernard Arnault et LVMH ont fait grise mine ces derniers jours. En effet, le numéro un mondial du luxe a marqué le pas au premier trimestre, avec des ventes en baisse de 2% à 20,3 milliards d'euros, notamment aux Etats-Unis. Résultat, le groupe de luxe souffre en bourse et mardi 15 avril, le cours du géant a dévissé, clôturant en baisse de 7,82%. La faute en partie aux droits de douane imposés par Donald Trump au reste du monde et à l’Europe, alors que LVMH réalise un quart de son chiffre d’affaires aux Etats-Unis.

Face à ce constat, Bernard Arnault a mis en garde devant les actionnaires, rapporte BFMTV. Le milliardaire a menacé «d’augmenter (ses) productions américaines» si les droits de douane entre l’Europe et les Etats-Unis devaient être aussi élevés dans les semaines à venir. Il faut «éviter les droits de douane», a laissé entendre le patron. Au cours de cette assemblée générale des actionnaires du groupe, Bernard Arnault a également lancé : «Il ne faudra pas dire que c'est de la faute des entreprises. Ce sera la faute de Bruxelles si cela devait arriver.»

L’UE n’est «pas dirigée par un pouvoir politique», fustige Bernard Arnault

Une pression mise sur le Vieux Continent afin qu’il trouve rapidement un accord avec Washington sur ces droits de douane, d’autant que dans le même temps, Bernard Arnault a «l'impression pour l'instant que nos amis britanniques sont plus concrets dans l’avancement des négociations». Mais la diatribe du milliardaire contre l’Europe ne s’est pas arrêtée là.

Bernard Arnault a fustigé une Union européenne qui n’est «pas dirigée par un pouvoir politique (…) mais par un pouvoir bureaucratique qui passe son temps à éditer des réglementations». Selon Bernard Arnault, cette direction ne rend «pas facile» la création d’une «zone de libre-échange» entre les Etats-Unis et l'UE qu'il appelle pourtant de ses vœux.

Comme le rappellent nos confrères, LVMH possède dix-huit ateliers en France et trois aux Etats-Unis (sans compter ceux de l’Américain Tiffany & Co racheté en 2021). Si l’Europe - et en particulier la France - ainsi que les Etats-Unis ne trouvent pas d’accord rapidement, «il y aura des conséquences sociales dramatiques», a laissé entendre le milliardaire, citant plus précisément le secteur de la viticulture.