Après Bernard Arnault, le patron du Medef, Patrick Martin, a décidé de hausser le ton contre Bruxelles. Après que Donald Trump s'est lancé dans une véritable guerre commerciale avec certains des partenaires commerciaux des États-Unis en appliquant de nouveaux droits de douane, le patron du groupe de luxe LVMH n’a pas hésité à mettre la pression sur Bruxelles. Alors que les produits européens à destination des États-Unis sont désormais taxés à hauteur de 20 %, le chef d’entreprise n’avait pas hésité à mettre en garde ses actionnaires lors d’une assemblée générale d’augmenter ses productions américaines afin d’éviter ces nouveaux droits de douane. «Il ne faudra pas dire que c’est de la faute des entreprises. Ce sera la faute de Bruxelles si cela devait arriver», avait-il lancé afin de presser Bruxelles à trouver rapidement un accord avec Washington.

Invité de BFMTV mercredi 23 avril, le patron du Medef, Patrick Martin, a dit partager le «coup de gueule» de Bernard Arnault. Expliquant que l’Europe s’est aujourd’hui «enfermée dans une espèce de logique mortifère» celle-ci ne peut désormais plus se tenir à l’écart de la compétition mondiale en matière de commerce. «Il faut simplifier beaucoup plus vite que cela est engagé, en Europe et en France. Il faut regagner en compétitivité sinon nous serons un marché tout simplement» pour les Chinois et les Américains. «On aura plus d’industrie et on deviendra finalement un continent pauvre», a encore lancé Patrick Martin.

Ne pas céder à la surenchère

Se plaçant dans la même lignée de Bernard Arnault - dont le groupe de luxe LVMH a déjà enregistré des résultats décevants au premier trimestre avec une baisse de ses ventes de 2 % -, le Medef n’en est pourtant pas à son premier coup de gueule face à la politique menée par l’Union européenne en réponse aux nouvelles taxations du président américain. Dans un entretien accordé à Ouest-France le 5 avril dernier, Patrick Martin avait déjà appelé l’Europe à parler «d’une seule voix». S’il avait admis que le Vieux Continent devait apporter une réponse «ferme» et «graduée» à la nouvelle politique douanière mise en place par Donald Trump, Patrick Martin avait toutefois appelé à faire «attention à la surenchère».

Le patron du syndicat patronal ne se veut toutefois pas alarmiste face à la situation actuelle. En effet, pour Patrick Martin cette offensive commerciale de la part du président américain ne signifie pas pour autant «la fin de l’histoire avec les États-Unis». «Les Américains […] très pragmatiques», a-t-il avancé. Plaidant néanmoins pour la recherche de nouveaux marchés d’exports à l’instar du Canada, de l’Asie ou de l’Amérique latine, le patron du Medef s’est aussi dit favorable à ce que l’Europe, tout comme la France, mettent en place des mesures de soutien à destination des secteurs impactés tout en accélérant «leur stratégie de compétitivité et de diversification».