Repos forcé. Après des années de labeur, le vieux chaudron de l’usine Aroma-Zone de Cabrières-d’Avignon (84) est à l’arrêt. Avec sa capacité de production de 300 kilos, il ne faisait plus le poids face au modèle de compétition arrivé quelques mois plus tôt et contenant jusqu’à 1,5 tonne de potions diverses! Cette nouvelle cuve est si grande qu'il faut emprunter un escalier pour y surveiller les cosmétiques en préparation. «L’ancien modèle nous limitait en matière de capacité de production et de technologie, avec celui-ci on bascule dans une autre dimension», vante Anaïs Tanazefti, responsable de production pour Aroma-Zone.

La vieille cuve est bien la seule à pouvoir souffler. Partout autour, c'est branle-bas de combat. Dans l’entrepôt logistique de Châteauneuf-de-Gadagne (84), un étage entier vient d’être achevé pour doubler la surface du service clients, tandis qu'au rez-de-chaussée les préparateurs de commandes sont passés aux 3x8, avec une équipe de nuit, pour absorber le flux. Alors qu'il y a dix ans les équipes traitaient environ 15000 colis par semaine, elles doivent digérer ce même volume en une seule journée! Si bien que, après une croissance des ventes de 42% en 2023, l'entreprise espérait faire encore mieux en 2024. Et même si elle tait désormais son chiffre d'affaires, on s’est laissé dire que le cap des 200 millions d’euros a dû être franchi, le double d'il y a deux ans.

Et hop, un nouveau bonus pour associer tous les salariés au succès de l'entreprise !

La crise du commerce physique? Le nouveau champion de la beauté à base de produits naturels ne connaît pas. Ses 23 magasins sont bondés en permanence, au point que les vigiles ne laissent entrer les clients qu'au compte-gouttes. Le ralentissement inédit de la filière cosmétique, enregistré en novembre dernier? «On ne décroche pas, au contraire on accélère», se félicite Sabrina Herlory, la directrice générale. La marque s'est même payé le luxe de passer devant des enseignes comme Kiko et Rituals, qui disposent pourtant chacune d’un réseau de plus de 150 boutiques... Cette hypercroissance profite à tous les salariés: en plus de la généreuse participation aux bénéfices qu’ils touchent à chaque exercice, ils ont appris fin septembre que, pour la deuxième année consécutive, les excellents résultats leur donnaient droit à un bonus de 500 euros. La nouvelle «prime flacon»?

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