Un ancien hangar de l’ancienne base aérienne 703 de Châteauroux-Déols, où le Centre National de Tir Sportif (CNTS) a pris ses quartiers en 2018. Hébergé sur cette emprise de 80 hectares, le Site d’essais de la mobilité autonome (Sema) de Kéolis réalise ici les tests de fiabilité grandeur nature des nouvelles navettes autonomes co-produites par Renault et le constructeur chinois Weride. D’un coût compris entre 250 000 et 300 000 euros, elles ont une capacité de huit voyageurs et seront mises en service en septembre 2026 sur une ligne de bus de 2,5 kms au centre-ville de Châteauroux.

«C’est la première fois que sera lancée en France une ligne régulière de transport autonome de voyageurs, assure Alexandre Flon, directeur de secteur Centre-Val-de-Loire chez Kéolis. On sera effectivement en conditions réelles de circulation». Organisée en véritable circuit, les voies intérieures de l’ancienne base aérienne intègrent ainsi des feux, des stops, des croisements, des ronds-points ou encore des ralentisseurs. Supervisées depuis un PC installé sur place par un technicien, les navettes «apprennent» aussi à doubler et à freiner en urgence.

Autres communes intéressées

Pour Kéolis, qui est le premier des trois principaux opérateurs de bus en France à intégrer des véhicules autonomes sur ses lignes, cette innovation répond à trois priorités. «Il s’agit d’une part de répondre à la raréfaction des compétences, le métier de conducteur suscitant de moins en moins de vocations, précise Alexandre Flon. D’autre part, les véhicules autonomes permettent d’assurer un service plus étendu, car plus modulable, dans les zones périurbaines peu denses. Enfin, un seul superviseur pourra coordonner plusieurs navettes, ce qui nous permettra de réaliser des économies d’échelle».

Autant d’atouts grâce auxquels les navettes autonomes pourraient se généraliser à moyen terme. «En cas de réussite sur la première liaison, une seconde ligne de bus autonomes est d’ores et déjà prévue en 2028, se félicite Emeric Claveau, chef de projet chez Kéolis. La métropole d’Orléans est également intéressée. Et d’autres collectivités nous ont questionnés pour la mise en œuvre de tests». Encore rétives à l’utilisation de véhicules autonomes, la France et l’Europe pourraient ainsi rattraper à moyen terme la Chine et les Etats-Unis sur ce plan.

Outre Atlantique, les navettes Waymo (Google) et les robotaxis Zoox se sont depuis belle lurette fondus dans le paysage routier, tandis que les navettes Weride et Paidu circulent à plusieurs milliers d’exemplaires dans les gigantesques agglomérations chinoises.

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