En ce début d’année, Guillaume Gibault a le sourire. «Ouf, ça passe !», lâche-t-il. Le président fondateur du Slip français peut souffler. Son entreprise a affiché 16% de croissance en 2025 et 21 millions d’euros de chiffre d’affaires et ses premiers bénéfices en quinze ans d’existence. L’année dernière, 1,5 million de pièces ont été produites dans l'Hexagone, dont 700 000 dans son usine Bonne Nouvelle, à Aubervilliers, en région parisienne. Ce qui lui vaut le titre de première entreprise textile 100% made in France. Face au recul du marché de l’habillement, le pari de la production locale était pourtant loin d’être gagné.

C’est justement d’un pari entre copains que tout est parti en 2011. «J’avais 24 ans et je voulais monter ma marque de mode française», se rappelle l’entrepreneur. Et pourquoi pas des slips ? En bon étudiant d’école de commerce, Guillaume Gibault fait une étude de marché. Le sous-vêtement masculin est petit, léger et ne s’essaie pas. Voilà un produit idéal à vendre sur Internet. Les 600 premiers slips sont confectionnés à Saint-Antoine-Cumond, dans une petite usine au cœur de la Dordogne. Le 15 septembre 2011, leslipfrançais.fr est lancé.

«Vous voulez changer le monde ? Commencez par changer de slip !» Forte de son ton décalé et de ses publicités humoristiques, la marque sait se démarquer. Durant la campagne présidentielle de 2012, elle a l'idée culottée de détourner les affiches officielles des candidats pour promouvoir ses produits. Le slogan du socialiste François Hollande, «Le changement c’est maintenant», devient ainsi «Le changement de slip, c’est maintenant». La jeune pousse se forge un capital sympathie auprès du grand public. Cette année-là, l’entreprise atteint 300 000 euros de chiffre d’affaires. Une première boutique ouvre fin 2014 dans le quartier du Marais, à Paris.

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