Deux ans après les fermetures des sites de Vannes (Morbihan) et Cholet (Maine-et-Loire), la décision sonne comme un coup de massue pour les salariés de Michelin. Le leader mondial de fabrication de pneumatiques vient en effet d’annoncer dans un communiqué un projet d'adaptation de ses effectifs basé sur le volontariat. Aucun départ contraint donc, mais la possible suppression de 1 500 emplois en trois ans, pour deux tiers dans les secteurs du tertiaire. L’autre tiers concernera l’industrie, tandis qu’un accompagnement personnalisé sera mis en place dans chaque cas.

Celui-ci proposera des parcours personnalisés de mobilité interne ou externe, de reconversion et de formation vers des métiers d’avenir. Pourquoi une telle décision ? Michelin évoque «un contexte économique fortement instable» et la nécessité d’«optimiser une structure de coûts aujourd’hui trop élevée» ou encore «d’accompagner l’évolution des métiers et simplifier les modes de fonctionnement de l’entreprise».

Coûts de production et pression fiscale

Mais le groupe évoque également un «contexte national caractérisé par de fortes contraintes économiques et réglementaires». Il cite les niveaux élevés des coûts de production ou encore la pression fiscale parmi les plus fortes des pays industrialisés. Si aucun site n’a été expressément visé, ceux où se trouvent les emplois tertiaires se situent à Paris, Clermont-Ferrand et Lille, souligne BFM. Dans le cadre d'un plan de sauvegarde de l'emploi (PSE) de 2024 concernant les usines de Cholet et Vannes, 1 246 emplois avaient été supprimés.

«Ce projet d’adaptation en France est destiné à optimiser une structure de coûts aujourd’hui trop élevée, accompagner l’évolution des métiers et simplifier les modes de fonctionnement de l’entreprise», a souligné le groupe. Alors que l’activité de pneus a baissé de 1,4% en volume sur un an, les ventes du groupe ont plongé de 5,4% au premier trimestre. Michelin rappelle enfin avoir investi près de 4 milliards d’euros en France ces dix dernières années.

17 000 collaborateurs en France

Parmi les derniers projets menés à bien, on peut citer le Michelin Innovation Park, venu transformer son site historique de l’usine de Cataroux en nouveaux pôles d’innovation et de vie. Michelin emploie 17 000 collaborateurs dans le pays et le fabricant de pneus assure vouloir continuer à recruter. En plus de son siège social et de son centre mondial de R&D, Michelin dispose de 13 sites industriels.