
La crise sanitaire, qui a provoqué une interdiction à la vente des huîtres du Bassin d’Arcachon du 27 décembre au 19 janvier, est loin d’être oubliée. Parmi les ostréiculteurs, le même son de cloche résonne dans toutes les cabanes à huîtres. Selon le Comité Régional de la Conchyliculture Arcachon Aquitaine (CRCAA), les pertes se sont chiffrées entre 7 et 11 millions d'euros pendant l’interdiction à la vente. Une crise qui n'est pas que passagère. Chaque année, les exploitants font face à une véritable hécatombe au sein de leurs cultures, comme l'explique au 20H de TF1 un ostréiculteur qui exerce sur l'île de Ré.
«Depuis dix ans, on voit qu'il y a un vrai problème pour garder nos huîtres vivantes. On est entre 30 à 50% de mortalité globale, ce qui est énorme», se lamente-t-il. En cause, le changement climatique, avec le réchauffement des océans qui fragilise la coquille des huîtres, mais aussi la multiplication des phénomènes extrêmes. Les fortes précipitations entraînent un lessivage des sols et le rejet en mer, par les estuaires des fleuves côtiers, des excédents d’eau douce, souvent contaminés, très destructeurs pour ces créatures habituées à évoluer dans des eaux salées.
«Une baisse de 40 à 60% de la commercialisation»
Autre problème, même les ostréiculteurs qui n'exercent pas dans le bassin d’Arcachon subissent les conséquences de la crise de l'hiver dernier avec une perte de confiance du consommateur. «Même si nous n’avons pas été concernés en Charente-Maritime et que très peu de zones l’ont été en France, nous avons constaté une baisse de 40 à 60% de la commercialisation», explique au site d'information locale Ré à la Hune Philippe Morandeau, président du Comité régional de la conchyliculture de Charente-Maritime.
Certains exploitants tentent de minimiser les pertes en investissant dans des solutions technologiques. TF1 se fait ainsi l'écho de cette ostréicultrice qui a investi 40 000 euros dans un système de réfrigération, pour maintenir la température dans les bassins à 14°C. Un dispositif forcément énergivore, avec à la clé un surcoût mensuel de 400 euros d'électricité. «Forcément, c'est un coût important mais il n'y a pas d'autre solution que d'essayer de s'adapter si on veut commercialiser les huîtres en été. Avec la montée des températures, on n'aura plus de choix», assure-t-elle.


















