C’est un constat qui ne vous aura pas échappé en ce début d’année. Au moment de faire les courses, un rayon attire l’œil de nombreux Français. À la différence des autres qui sont pleins, celui des œufs fait grise mine. Et pour cause, les étals sont à moitié remplis, quand d’autres sont même totalement vides. Si le constat ne date pas d’hier et dure depuis plusieurs mois, plusieurs facteurs peuvent expliquer le manque de ce produit largement consommé en France, qui n’est d’ailleurs pas qualifié de «pénurie» selon Alice Richard, la directrice du Comité national pour la promotion de l’œuf (CNPO), rapporte le site Actu.

Alors que jusqu’à présent, malgré les difficultés rencontrées par la filière, il était possible de trouver des œufs dans les supermarchés, les récents événements climatiques avec d’importantes quantités de neige qui se sont abattues sur une grande partie de la France ont rendu plus compliquées les livraisons. «Il peut y avoir quelques trous dans les rayons, quelques ruptures perlées, mais il n’y a rien d’anormal», a ainsi tenu à rassurer la Coopérative U qui estime qu’il serait disproportionné de parler de pénurie.

Un produit de plus en plus plébiscité

Pourtant, outre la météo, c’est bien une autre raison qui pourrait expliquer ces trous dans les étals des supermarchés. En effet, ces dernières années, les œufs sont de plus en plus plébiscités par les Français, à tel point que les ventes ont bondi de 4% en l’espace de seulement deux ans, note Alice Richard. En cause, l’explosion des prix de la viande et le développement des régimes sans viande qui ont poussé les consommateurs à se tourner vers cet aliment considéré comme la «protéine de référence». «La demande est en hausse et l’offre n’arrive pas à suivre», estime de son côté la Coopérative U.

Enfin, la dernière raison qui pourrait expliquer ce manque d’œufs dans les rayons réside dans les changements des modes de fonctionnement de la filière avicole. L’objectif étant en effet d’atteindre 90% des poules pondeuses élevées dans des systèmes d’élevage alternatifs à la cage, tout cela nécessite des investissements. Or, cela peut prendre du temps, notamment pour la construction de nouveaux bâtiments, ce qui «freine la rapidité de réponse à la croissance de la demande», note Alice Richard.