Un appel pour sauver son entreprise. Matthieu Grosset a décidé de tenter le tout pour le tout. Le président de L'Atelier textile jurassien a contacté nos confrères de RMC afin de lancer un appel de détresse : «On souffre pour réussir à vendre nos produits de qualité, reconnus par tous les clients qui les achètent, mais qui sont des produits made in France, avec les prix du made in France», a-t-il affirmé à l’antenne. Et c’est là que le bât blesse. Il estime que ce sont les prix qui freinent de potentiels clients au niveau des entreprises et collectivités.

La situation est plus que délicate pour Matthieu Grosset. Et même plus que ça. C’est bien simple, si 10 000 commandes ne sont pas prochainement passées, le patron sera contraint de mettre la clé sous la porte. Il n’a donc pas d’autre choix que de tirer la sonnette d’alarme pour alerter les collectivités et les entreprises qui seraient intéressées pour acheter les vêtements professionnels que confectionne sa quinzaine de salariés. Le principal intéressé a également profité de son temps d’antenne pour railler le discours ambiant : «Aujourd'hui, tout le monde parle du made in France, le soutient, mais personne n'en achète.»

«On ne donne pas toujours le vrai prix des choses»

Bien qu’il se moque du rabâchage sur le made in France, le patron veut croire qu’il est possible d’adopter un tel modèle. En réalité, selon lui, «le problème du made in France, c'est qu'on ne donne pas toujours le vrai prix des choses». Et de préciser sa pensée : «Quand on dépense un euro dans du fabriqué en France, au final c'est un euro qui va faire plein de petits, générer de la TVA, cotiser à la Sécu.» Matthieu Grosset relève que ce n’est pas le cas lorsque l’on achète un produit fabriqué en Asie. «Ce n'est pas le salaire des ouvriers chinois qui paieront les retraites», résume-t-il.

Le chef d’entreprise appelle donc ses homologues à réfléchir à leur modèle. D’après lui, il faut engager un cercle vertueux. Sans quoi, sa société et toutes celles qui tentent malgré tout de faire du made in France mettront la clé sous porte.