
Safran ne fait pas dans la dentelle. Le bilan du motoriste contient plus de liquidités que de dettes, et ses dividendes augmentent depuis 5 exercices consécutifs. Au 11 juin 2025, à 260 euros, l’action Safran s’est envolée de 23% depuis début janvier. Et sur trois ans ? «On frôle les 143% de hausse, rien que ça. Autant dire que le bestiau a carburé à la nitro, porté par des résultats records et une industrie aéronautique qui a retrouvé ses ailes», salue James D. Touati (dit le Loup de Zurich), consultant, formateur, trader et président-fondateur de The Nest, interrogé par Capital.
Au premier trimestre 2025, Safran a réalisé un chiffre d’affaires de 7,3 milliards d’euros, en hausse de 16,7% sur un an. «La claque pour les analystes financiers, qui n’osaient pas rêver aussi fort», note le consultant. Merci qui ? Merci la reprise du trafic aérien mondial, la cadence infernale des moteurs LEAP (on attend encore +15 à 20% cette année), et la maintenance qui tourne à plein régime, pour des flottes qui veulent rester dans le jeu.
Safran signe des performances explosives
«Le management ne tremble pas : objectif +10% pour le chiffre d’affaires annuel, résultat opérationnel courant entre 4,8 et 4,9 milliards d’euros, cash-flow libre (flux de trésorerie d’exploitation après investissements, une jauge clé très suivie par les analystes financiers, pour jauger la juste valeur d’une action en Bourse, NDLR) à 3-3,2 milliards d’euros. Et le dividende ? 2,90 euros par action sur 2024, en très forte hausse de 32%», apprécie le Loup de Zurich. Les actionnaires, eux, sabrent le champagne.
Les forces du monstre des moteurs sont impressionnantes. Safran est un leader mondial en propulsion, équipements aéronautiques, spatiaux, défense. James D. Touati met en avant la diversification en béton du motoriste (civil, défense et sécurité). «Quand ça tangue dans l’aviation, la maison Safran ne coule pas», fait valoir l’expert. Safran est sur le podium mondial de l’innovation (source Clarivate). 2 milliards d’euros ont été investis en 2024, avec un focus sur la décarbonation (hydrogène, biocarburants, moteurs de nouvelle génération). «On prépare le futur, pas le musée», apprécie le Loup de Zurich. Et les finances de Safran sont en acier : «dettes remboursées avant l’heure, cash qui coule à flot, dividende qui monte», souligne l’expert.
Quels sont les risques en Bourse pour l’action Safran ?
La valorisation en Bourse de Safran a flambé. Alors que le motoriste se paie 30 fois les profits attendus pour 2025 (soit au-dessus de la valorisation moyenne historique), «il n’y a pas de place pour l’erreur, le marché ne pardonne rien, à ces niveaux de valorisation», avertit James D. Touati. En outre, Safran est dépendant du cycle aérien : «Si le trafic cale ou si les compagnies serrent la vis, ça peut piquer», met en garde l’expert.
Attention au risque géopolitique. Si Donald Trump nous assomme de droits de douane cette année, ça peut rogner la rentabilité de Safran. Et gare à la pression verte : «L’aviation dans le viseur pour le CO2, les réglementations et les écolos, qui attendent Safran au tournant», détaille le Loup de Zurich. Et du point de vue de l’analyse technique, après l’envol impressionnant du cours de Bourse de Safran depuis le début de l’année, attention à des prises de bénéfices, qui pourraient faire revenir le cours de Bourse vers les gaps (trous de cotation entre deux séances de Bourse) des derniers mois : 234-236 euros, 221-225 euros et 215-217 euros.
Quelles perspectives en Bourse, pour l’action Safran ?
A court ou moyen terme (2025-2027), les analystes financiers sont plutôt haussiers et recommandent d’acheter (ou de se renforcer) sur l’action Safran. Leurs objectifs de cours sont autour de 266-270 euros fin 2025 : «Pas de feu d’artifice mais du solide», relève James D. Touati. Le chiffre d’affaires de Safran est attendu à 30,5 milliards en 2025, puis 33,9 milliards en 2026, la marge opérationnelle avant amortissements et les bénéfices grimpent.
«Les moteurs LEAP restent le turbo de Safran», souligne l’expert. A plus long terme (2030 et après), Safran mise gros sur la transition énergétique. Hydrogène, biocarburants, moteurs électriques, c’est la course à la propulsion propre. «Certains voient l’action Safran s’envoler à 520 euros d’ici 2030. Un pari sur la croissance mondiale et la capacité du motoriste à surfer sur la vague verte», indique le Loup de Zurich.
Est-ce le bon moment d’acheter l’action Safran ?
Safran, «c’est du lourd, du solide, de l’innovation à tous les étages, mais aussi une valorisation qui ne laisse pas la place aux rêveurs», avertit le Loup de Zurich. Pour un investisseur en actions en quête de croissance sur un leader européen de l’aéronautique et de la défense, Safran est une référence. Mais n’oubliez-pas : «La volatilité et les coups de Trafalgar géopolitiques, ça fait partie du voyage. Gestion active en Bourse et sang-froid sont exigés», avertit James D. Touati.
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