
Alors que l’euphorie pour la Tech et l’intelligence artificielle a capté l’attention des marchés actions depuis la fin d'année 2022, la thématique filière du bois a été reléguée à l’arrière-plan. Pourtant centrale pour la transition écologique et la décarbonation, elle a enchaîné deux années de baisse, avec des pertes de -2% en 2024 et -5% en 2025. «Pendant le Covid-19, en Bourse, les actions du bois avaient pourtant connu un âge d’or. L’explosion du e-commerce avait dopé la demande de carton, tandis que la reprise des chantiers après les confinements et le rattrapage des projets immobiliers interrompus avaient propulsé la demande de bois de construction», rappelle Mioratina Rapelanoro, gérante de portefeuille chez Galilee AM.
Résultat : des performances spectaculaires en Bourse, de +26% en 2020 puis +17% en 2021. Le retournement de cycle a ensuite été brutal. «La forte hausse des taux en 2022 a renchéri le coût du crédit pour les ménages comme pour les entreprises, provoquant un net ralentissement de l’immobilier mondial. Marges comprimées, demande en berne, surproduction accumulée : les stocks se sont envolés, entraînant une chute des prix du bois», explique la gérante.
Les actions du bois apparaissent sous-valorisés, en Bourse, ont-elles un potentiel de redressement selon l’analyse financière ?
Les fondamentaux récents traduisent ce passage à vide en Bourse. La croissance moyenne du chiffre d’affaires sur trois ans n’est que de 4%, l’une des plus faibles parmi les 25 thématiques identifiées par Galilee AM. «Le levier financier est élevé, avec un ratio dette nette/résultat opérationnel autour de 2,2, combinaison de croissance molle et de bilans sous tension qui limite les capacités d’investissement, d’innovation et de transformation», dénonce Mioratina Rapelanoro.
En Bourse, cette défiance se traduit par une sous-valorisation : le ratio cours/bénéfices (principale jauge du degré de cherté des actions) avoisine 14 fois les profits, nettement en deçà du niveau de valorisation du MSCI World (autour de 24 fois les profits), l’indice actions mondial. Certes, on est légèrement au-dessus des moyennes sur 3 et 5 ans (environ 13-14 fois), mais encore loin du pic de 2020, à près de 19 fois, qui reflétait alors «un enthousiasme aujourd’hui dissipé», relève la gérante.
Perspectives : les actions du bois profitent de fondamentaux structurellement porteurs
Ce tableau sombre masque toutefois de fortes disparités. Certaines entreprises «ont réussi à repositionner le bois non plus comme simple commodité, mais comme solution technologique au service de la transition écologique et de la rénovation des infrastructures», indique Mioratina Rapelanoro. Sumitomo Forestry affiche ainsi plus de 100% de performance sur trois ans, tout comme Stella-Jones, spécialiste des infrastructures. À l’inverse, les acteurs les plus exposés à la volatilité des prix et au ralentissement de la construction, comme Mercer, Interfor Corp ou Sappi, ont vu leurs cours chuter de 60 à 70% sur la même période. Au-delà du cycle, la mégatendance «repose pourtant sur des fondamentaux structurellement porteurs. Ressource renouvelable, le bois stocke du carbone, remplace des matériaux très émetteurs et s’intègre naturellement dans une économie circulaire. Cette thématique n’est donc pas condamnée à rester dans l’ornière : son redressement dépendra de sa capacité à se transformer en profondeur», souligne l’experte.
Cette transformation «suppose de passer d’une logique de volume à une industrie de solutions à forte valeur ajoutée, intégrant construction durable, rénovation énergétique et produits innovants. Elle requiert aussi un allègement de la contrainte financière pour rassurer les investisseurs. Les baisses de taux initiées par la Fed et la BCE, si elles se poursuivent, devraient faciliter le refinancement de la dette à moindre coût et alléger les charges financières», fait valoir Mioratina Rapelanoro.
Après deux années difficiles, 2026 pourrait marquer un début de normalisation. «Le redémarrage progressif de la construction et la reprise des projets immobiliers en Europe et en Amérique du Nord, portés par la détente des taux, donnent de l’air à la thématique. La transition bas carbone reste un puissant soutien structurel, tandis que des valorisations attractives en Bourse et l’appétit croissant pour des actifs réels et durables renforcent l’intérêt de la filière», analyse Mioratina Rapelanoro.
Actions, ETF, fonds… Comment investir sur les actions du bois, en Bourse ?
En Bourse, comment investir sur les actions du bois ? «Il s’agit de sélectionner les acteurs capables de capter cette nouvelle donne : groupes intégrés et spécialistes de la construction durable et des produits à forte valeur ajoutée, comme Stora Enso, Smurfit Westrock ou Sumitomo Forestry», préconise la gérante. Les partisans de la gestion passive peuvent, eux, se tourner vers des ETF (trackers, fonds indiciels de rélication), comme Invesco MSCI Global Timber ETF, iShares Global Timber & Forestry UCITS ETF ou Pictet Timber, qui offrent une exposition diversifiée à la chaîne de valeur forestière mondiale.
«Les filières du bois ne manquent ni de sens, ni de débouchés. En Bourse, la thématique doit désormais prouver qu’elle sait se réinventer pour redevenir une thématique d’investissement de premier plan», conclut l’experte. Découvrez chaque jour dans Momentum, la lettre d'investissement premium quotidienne de capital sur la Bourse basée sur l’analyse technique et l’analyse financière, de nombreuses idées d’investissement sur les actions. La sélection d’actions en Bourse de Momentum a grimpé plus vite que le CAC 40 depuis 5 ans et a réussi à amortir le choc récent sur les marchés actions, grâce à un bon choix de valeurs. En choisissant un abonnement annuel, 5 mois sont offerts. Et exceptionnellement, grâce à notre partenariat avec le Salon de l’analyse technique du 27 mars 2026, profitez d’une réduction exceptionnelle supplémentaire de 30% sur le prix de l’abonnement annuel. Pour en bénéficier, il suffit de cliquer sur le lien ci-après.



















