
Schneider Electric, c’est le bon élève de la classe : «bien habillé, toujours en avance sur ses devoirs (électrification, data centers, décarbonation), mais qui commence à être noté un peu trop cher par le marché (la valorisation en Bourse des actions Schneider Electric devient plus tendue, NDLR)», relève James D. Touati (dit le Loup de Zurich), consultant, formateur, trader et président-fondateur de The Nest, sollicité par Capital. Le business reste solide, mais le cours de Bourse sort d’un beau rally haussier et montre des signes de fatigue (du point de vue de l’analyse technique), selon l’expert, donc il ne faut pas s’étonner si les actions Schneider Electric connaissent un accès de volatilité à court terme. Et ce, malgré le bon positionnement de Schneider Electric sur sur des mégatendances très porteuses.
Sur le front de l’actualité, le fond est bon, mais le marché actions le sait déjà… Schneider Electric «déroule tranquillement sa feuille de route “Impact 2030” : ESG nickel (le groupe satisfait globalement les critères environnementaux, sociaux et de gouvernance chers aux gérants), décarbonation partout… Schneider Electric coche toutes les cases que les gérants adorent montrer en comité d’investissement», apprécie le financier. Gros focus sur les data centers et l’IA : partenariats, solutions pour les “AI factories”, automatismes, gestion d’énergie… Bref, Schneider Electric s’est positionné «là où l’argent coule actuellement», salue le Loup de Zurich.
Les data centers, très porteurs, montent en puissance dans le mix de Schneider Electric, mais gare à une dépendance à ce secteur
Le calendrier de publications (comptes trimestriels, semestriels, AG) va continuer à constituer des moments de vérité : à ces dates-là, soit le marché actions applaudit, soit il sanctionne. «Sur un titre déjà bien pricé (l’action Schneider Electric n’est plus vraiment bon marché, NDLR), la moindre nuance dans le discours peut faire bouger le cours de Bourse de plusieurs pourcents», avertit le consultant.
Pour l’heure, la croissance du chiffre d’affaires reste bien orientée, avec des comptes trimestriels au-dessus des attentes. «Ça rassure (la demande est là), mais la direction prévient que la marge se situe plutôt en bas de la fourchette. En clair, ça bosse fort, mais ce n’est pas “open bar” sur la rentabilité. Dans un marché actions exigeant, ça peut faire tousser quelques gérants de fonds», avertit le financier. Par ailleurs, alors que les data centers montent en puissance dans le mix de Schneider Electric, «c’est très bien quand le cycle IA/Cloud est euphorique, mais ça veut aussi dire plus de dépendance à un segment devenu très à la mode… donc très sensible au moindre changement de narratif», fait-il valoir.
Quelles perspectives en Bourse pour les actions Schneider Electric, selon l’analyse technique ? Une zone de turbulence en vue ?
Les actions Schneider Electric ont bien monté, puis se sont calmées et ont commencé à flirter avec une zone de support importante, du point de vue de l’analyse technique (analyse graphique et mathématique de l’évolution du cours de Bourse). «On n’est plus dans l’euphorie, on est dans le “montre-moi que tu tiens la route”. Le cours de Bourse travaille une zone proche de la moyenne mobile à 200 jours (MM200 jours) : si cette zone de support tient, c’est un rechargement possible pour les investisseurs patients mais si elle casse franchement, on passe en mode nettoyage de positions, avec les algorithmes qui appuient là où ça fait mal», avertit le Loup de Zurich. Le momentum (la dynamique du cours de Bourse) faiblit mais n’est pas encore en mode panique. En résumé : le marché retire un peu d’oxygène, mais il ne débranche pas encore la prise.
Quels sont les vrais risques sur les actions Schneider Electric ?
Il y a les risques d’exécution. Si la croissance de Schneider Electric ralentit ou si ses marges se compressent plus que prévu, on saura très vite que le marché payait trop cher la belle histoire. «Quand tu es pricé comme “leader de demain”, tu n’as pas droit à la moindre fausse note», explique le financier.
Attention aussi au cycle d’investissement : tout ce qui touche aux data centers, à l’industrie et aux grands projets d’énergie, ça reste cyclique. Si les budgets se resserrent, Schneider Electric en subira l’impact.
Attention à la valorisation en Bourse. Pour l’heure, les actions Schneider Electric bénéficient de la prime “qualité + ESG + mégatendances porteuses”. «Tant que tout va bien, personne ne discute. Mais le jour où ça déçoit un peu, la descente en Bourse peut être bien plus rapide que la montée», avertit James D. Touati.
Gare aussi au risque de marché. Schneider Electric reste une action : volatilité, risque de perte en capital, réactions parfois irrationnelles. Le titre ne vit pas dans une bulle, il respire au rythme des taux, de la géopolitique et de l’appétit pour le risque.
Enfin, gare au risque de taux : «si les taux remontent, les valeurs de qualité payées cher (comme Schneider Electric) sont les premières à dégonfler. Quand le marché redevient amoureux du cash et des obligations, les multiples de valorisation (degré de cherté des actions, NDLR) des belles histoires se compressent», met en garde le Loup de Zurich.
Les actions Schneider Electric restent intéressantes pour un investisseur en Bourse patient
A court terme, le nerf de la guerre, c’est la zone de support actuelle, du point de vue de l’analyse technique. «Si ça tient, tu peux avoir un point d’entrée (niveau d’achat) correct, avec un stop de protection (seuil de revente coupe-perte) pas trop loin. Si ça lâche, tu laisses le marché laver les mains sales, avant de revenir à l’achat plus bas. Mais à moyen ou long terme, tant que Schneider Electric reste au centre des thèmes structurels (électrification, data centers, efficacité énergétique, décarbonation) ET qu’ils délivrent sur la croissance et la marge, le dossier reste intéressant pour un investisseur patient qui accepte les secousses intermédiaires en Bourse», juge le loup de Zurich.
En résumé, Schneider Electric «bénéficie d’un bon business, d’un bon positionnement, mais pas à n’importe quel prix ni n’importe où sur le graphique de cotation. L’histoire de Schneider Electric est belle, mais la Bourse paie (achète) les chiffres, pas les slogans commerciaux», conclut le consultant. Les lecteurs de Momentum, la lettre d’investissement premium de Capital sur la Bourse basée sur l’analyse technique et l’analyse financière, ont pu acheter les actions Schneider Electric presque au plus bas, dans le creux de la vague, en avril 2025 et ont pu bénéficier d’autres recommandations d’achat en Bourse à de bons timings sur les actions Schneider Electric.
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