SpaceX continue de s’imposer comme un acteur majeur des infrastructures liées à l’intelligence artificielle. Le groupe spatial d’Elon Musk a conclu un nouveau méga deal avec Google portant sur la mise à disposition de puissance de calcul à très grande échelle, selon un document boursier publié le 5 juin, rapporte TF1. Ce contrat intervient quelques semaines après un autre accord spectaculaire avec Anthropic, estimé à 1,25 milliard de dollars par mois. Avec Google, le montant est légèrement inférieur mais reste colossal : 920 millions de dollars mensuels.

Selon les termes de l’accord, Google va louer environ 110 000 processeurs graphiques (GPU) fabriqués par Nvidia via l’infrastructure de SpaceX. L’objectif est clair : renforcer rapidement les capacités de calcul du groupe face à l’explosion de la demande liée à l’intelligence artificielle. «Il s'agit d'un accord de court terme, conclu au bon moment, destiné à nous garantir une capacité d'appoint pour répondre à une demande en forte hausse pour notre plateforme d'agents, Gemini Enterprise», a confirmé un porte-parole de Google auprès de l’AFP.

Les data centers sous pression face à la demande en IA

Le groupe reconnaît également faire face à une demande supérieure à ses prévisions initiales, un phénomène généralisé dans le secteur des infrastructures cloud et de l’IA. Google, comme ses concurrents américains, est confronté à un goulot d’étranglement : la capacité des centres de données ne suit pas l’explosion des besoins liés aux modèles d’intelligence artificielle générative. Cette tension sur les infrastructures entraîne une hausse rapide des coûts de calcul, poussant les géants du numérique à multiplier les accords externes pour sécuriser des capacités supplémentaires.

L’évolution des produits d’IA du groupe accentue encore cette pression, notamment avec la transformation progressive de son moteur de recherche vers des outils plus autonomes, comme Gemini Spark, encore réservé à certains clients. Le contrat entre SpaceX et Google couvre la période d’octobre 2026 à juin 2029. Toutefois, il reste flexible : les deux parties pourront y mettre fin à partir de 2027 avec un préavis de 90 jours.

Vers une introduction en Bourse record

Pour le groupe d’Elon Musk, l’enjeu est aussi financier. Toujours déficitaire, l’entreprise a enregistré 4,3 milliards de dollars de pertes au premier trimestre. Ces contrats contribuent toutefois à renforcer la crédibilité des comptes, à l’approche de son introduction en Bourse. Prévue le 12 juin, celle-ci pourrait devenir la plus importante jamais réalisée. SpaceX vise une levée d’environ 75 milliards de dollars, pour une valorisation estimée à 1 750 milliards.