
«Une majorité» des responsables monétaires américains n'ont pas exclu qu'il faille relever les taux d'intérêt lors de la dernière réunion de la banque centrale (Fed), selon un compte-rendu de leurs débats publié mercredi. «Une majorité de participants ont (...) souligné qu'un certain resserrement de la politique monétaire deviendrait probablement nécessaire si l'inflation continuait de se maintenir de manière persistante au-dessus de 2%», est-il écrit dans le document, appelé «minutes».
La publication retrace le contenu de la réunion de la Réserve fédérale qui a eu lieu les 28 et 29 avril. Elle confirme que l'institution est tout sauf disposée à baisser prochainement les taux d'intérêt, à deux jours de la prestation de serment de son nouveau président, Kevin Warsh. La plupart des banquiers centraux sont focalisés sur l'inflation qui s'écarte de leur objectif (2%) à grande vitesse depuis le début de la guerre au Moyen-Orient et l'envolée des prix du pétrole. L'indice des prix PCE, suivi par la Fed, a augmenté de 3,5% en mars contre 2,8% un mois plus tôt.
Le problème de l’inflation aux États-Unis
«L'inflation est trop élevée», a déclaré à plusieurs reprises mardi dans un discours la patronne de la Fed de Philadelphie Anna Paulson, qui vote cette année sur les taux américains. Pour l'heure, la banque centrale n'envisage pas encore sérieusement un relèvement prochain de ses taux. Les investisseurs considèrent toutefois que cela risque de se profiler en fin d'année, selon l'outil de veille CME FedWatch. La réunion de fin avril s'était conclue par un troisième statu quo d'affilée. La répartition des votes témoignait de frictions croissantes.
Le gouverneur Stephen Miran - sur le point de laisser la place à M. Warsh - avait voté pour des taux plus bas. Trois autres responsables avaient désapprouvé la formulation du communiqué final. Ils voulaient signaler aux marchés financiers que le prochain mouvement pourrait être une hausse, vu l'accélération de l’inflation. Selon le chercheur de la Brookings Institution David Wessel, ils ont ainsi fait «passer un message» à Kevin Warsh avant sa prise de fonction.
Nommé par le président Donald Trump, qui veut des taux plus bas, déjà suspecté par l'opposition démocrate d'être un «pantin» du président, M. Warsh devra composer avec les autres responsables monétaires. Il va prêter serment vendredi à la Maison Blanche, en présence de M. Trump. La dernière fois qu'une telle cérémonie s'est déroulée au coeur de l'exécutif américain remonte à 1987, avec Alan Greenspan.



















