
Après la polémique liée à l’arrivée de Shein au BHV, c'est désormais le partenariat entre Temu et La Poste qui fait débat. Connu pour sa marketplace proposant une large gamme de produits à bas prix, le géant chinois du e-commerce a signé, mercredi 15 octobre, un accord stratégique avec La Poste, via son service de livraison Colissimo. Grâce à cette alliance, les vendeurs tiers présents sur la plateforme de Temu pourront désormais bénéficier des services de livraison proposés par Colissimo, qui opère dans plus de 220 pays à travers le monde, explique LSA ce jeudi.
En outre, La Poste mettra à disposition ses plateformes logistiques pour permettre l’entreposage des marchandises, un maillon crucial souvent manquant aux acteurs chinois en ligne pour accélérer leurs délais de livraison. Et ce partenariat ne s’arrête pas là. Il inclut également la gestion du dernier kilomètre, avec la remise des colis en points de retrait ou directement à domicile. Par ailleurs, un service spécifique est prévu pour les vendeurs français présents sur la plateforme : via une fonctionnalité nommée «local to local», ils pourront confier l’expédition de leurs colis à Colissimo.
«La Poste ne peut pas être le cheval de Troie de Temu»
«En tant que leader de la livraison de colis en France, Colissimo est l’acteur de référence à même d’accompagner la forte croissance de Temu, et de lui proposer des solutions […] pour les vendeurs comme pour les consommateurs», explique Sanae Murschel, vice-présidente des ventes internationales chez Colissimo, filiale du groupe La Poste. Selon elle, ce partenariat permet ainsi de «renforcer» la collaboration de l’entreprise publique française avec Temu, afin d’«offrir des services plus performants, fiables et pratiques aux vendeurs et aux consommateurs».
Mais ce partenariat entre La Poste et le géant chinois Temu a immédiatement suscité la polémique en France. Ce jeudi, l’Alliance du commerce et la fédération Procos ont exprimé leur «profonde incompréhension et inquiétude» et lancé un appel au gouvernement pour une «action forte», rapporte ici. «Ce partenariat facilite l'accès» de Temu «au marché français, au détriment des enseignes implantées sur le territoire et des règles fondamentales de concurrence loyale», déclarent-elles dans un communiqué.
«La Poste ne peut pas être le cheval de Troie de Temu. Ce partenariat envoie un signal désastreux aux acteurs du commerce implantés en France», dénoncent Yohann Petiot, directeur général de l’Alliance du commerce, et Antoine Peters, délégué général de Procos. Les deux fédérations demandent par ailleurs au gouvernement, qu’elles accusent de «double discours», de prendre plusieurs mesures, parmi lesquelles l’instauration de droits de douane pour les colis de moins de 150 euros, la mise en place de frais de gestion sur les petits colis au niveau européen ou encore le renforcement des contrôles et des sanctions à l’égard de ces plateformes.

















