Une «grande transmission» s’annonce. Selon BFM, une vague de transmission d’entreprises va arriver d’ici 2040, et environ 9 000 milliards d’euros devraient ainsi être transmis de la génération des «baby-boomers» à leurs héritiers. Un mouvement important et sans précédent lié notamment au vieillissement de la population, et qui arrive justement au moment où des suggestions de révisions du pacte Dutreil sont en discussion.

Selon une enquête de Bpi France, ce sont environ 370 000 entreprises qui devraient être transmises d’ici 2030. Parmi elles, on compte notamment 310 000 TPE, 58 000 PME et 1 200 ETI. En fait, le nombre d’entreprises concernées par une transmission d’ici 2030 est trois fois plus important que les entreprises concernées cette année. Concrètement, d’après cette enquête, ce sont 40 % des dirigeants d’entreprises qui souhaitent transmettre dans les cinq prochaines années. Et 11 % d’entre eux souhaitent procéder à une transmission dans un horizon moins proche. Si les intentions des premiers se concrétisent, ce sont près de 3 millions d’emplois qui seront directement concernés.

Un marché sous tension

Cette vague de transmissions semble en fait cacher une réalité plus complexe. Selon l’enquête de Bpi France, beaucoup de ces projets de transmissions aboutiront en fait bien plus tard que prévu. «Lorsque la transmission est prévue dans plus d’un an, 70 % des dirigeants n’en sont qu’au démarrage du processus, c’est-à-dire en phase de réflexion ou de collecte d’information, voire n’ont pas du tout débuté la préparation du projet de transmission», explique l’enquête. Par ailleurs, pour ceux qui désirent transmettre leur entreprise à court terme, ils peuvent rencontrer plusieurs obstacles qui rallongent la durée du processus. Ces obstacles peuvent être de plusieurs natures, comme l’absence de repreneur, ou encore la lourdeur des démarches administratives.

Ensuite, l’aspect psychologique de la transmission compte pour une grande part dans ce processus. Parfois, les qualités chumaines du repreneur ou encore son expérience comptent presque autant que la pérennité de l’entreprise, ou sa solidité financière, selon cette étude. De ce fait, 80% des dirigeants décident de rester plus longtemps en poste, faute d’un repreneur et d’un accord à la hauteur des attentes.