
Quatre sur dix. C’est la proportion de ménages vivant en HLM qui disent souffrir de la chaleur dans leur logement en été, révèle l’Ancols (agence nationale de contrôle des organismes de logement social), dans une étude publiée ce mercredi 9 juillet. Une proportion qui grimpe à près de cinq sur dix dans les départements et régions d’outre-mer. «Le réchauffement climatique augmentant l’intensité et la fréquence des vagues de chaleur, il rend de plus en plus importante la prise en compte de la température des logements en période estivale» par les bailleurs sociaux, prévient l’Ancols.
Des bailleurs sociaux qui ont «unanimement une politique de non-climatisation des logements», constate l’Agence. D’abord pour «des considérations écologiques», explique Pauline Beck, chef du département des études au sein du gendarme des bailleurs sociaux. Il est vrai qu’en rejetant de la chaleur dans l'air extérieur, les climatiseurs contribuent à l'aggravation de la surchauffe urbaine, selon l’Agence de la transition écologique (Ademe). Autre inconvénient des climatiseurs, leurs émissions de gaz à effet de serre. Si les bailleurs sociaux ne sont pas favorables à l’installation de la climatisation, c’est également pour «ne pas aggraver les dépenses des locataires», ajoute Pauline Beck. Les climatiseurs consomment en effet beaucoup d’électricité.
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La climatisation inéluctable dans les HLM ?
Face aux vagues de chaleur, la grande majorité des bailleurs sociaux privilégie donc des solutions dites passives, comme l’occultation des fenêtres au moyen de volets inclinables ou coulissants ou de persiennes, l’isolation des murs et l’utilisation de brasseurs d’air ou ventilateurs. Mais, compte tenu de «l’intensification des vagues de chaleur, qui rendra insuffisantes les seules solutions passives pour garantir un confort acceptable dans certains logements», la frilosité des bailleurs sociaux face à la climatisation «pourrait être remise en question à moyen terme», estime l’Ancols. D’ores et déjà, des locataires installent des climatiseurs dans leur logement sans autorisation. Pauline Beck observe par exemple «un développement sauvage de la climatisation» dans le parc social aux Antilles. Avec à la clé des «problématiques de sécurité des occupants si les climatiseurs ne sont pas correctement installés», alerte-t-elle.
Ce qui conduit des bailleurs sociaux, en outre-mer mais également dans le sud de la France métropolitaine, à «accompagner» cet essor anarchique de la climatisation, «sans pour autant le financer», constate l’Ancols. Ce, en participant au choix de l’artisan qui installera le climatiseur du locataire et en vérifiant que les travaux ont été réalisés dans les règles de l’art. Pour Pauline Beck, il deviendra toutefois de plus en plus difficile, pour les bailleurs sociaux, «de faire sans la climatisation». Mais celle-ci devra être installée «en dernier, après des travaux d’isolation, d’occultation, de changement des menuiseries et de ventilation», concède-t-elle. Les locataires aussi ont un rôle à jouer dans le rafraîchissement de leur logement, en respectant les consignes de fermeture des volets en journée en cas de forte chaleur et d’aération nocturne. Mais l’Ancols relève «une faible intégration de ces réflexes» par les locataires du parc social. «Certains ne veulent pas vivre dans le noir, ce qui se conçoit…», reconnaît-elle.
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