Attendre ou sauter le pas ? Depuis plusieurs mois, c’est le dilemme des futurs propriétaires, attentifs au moindre frémissement des taux de crédit. À juste titre : quelques dixièmes de point peuvent peser lourd dans un projet d’achat.

Depuis les pics de 2023, les taux ont nettement reflué. En décembre 2025, avec un taux moyen de 3,35% sur 20 ans, un couple capable de rembourser 1 500 euros par mois peut emprunter 262 109 euros, contre seulement 241 195 euros (taux à 4,30%) en décembre 2023, a calculé le courtier Vousfinancer. Soit 21 000 euros d’écart, loin d’être anecdotique.

Autre calcul : si ce couple souhaite aujourd’hui emprunter 300 000 euros sur 20 ans, il devra rembourser 1 717 euros par mois, contre 1 866 euros il y a deux ans. Soit 150 euros d’économie mensuelle. Et il devra aussi disposer d’un revenu net mensuel de 5 203 euros, contre 5 654 euros fin 2023.

Faut-il profiter de la fenêtre actuelle ou patienter encore, au risque de voir sa capacité d’emprunt se réduire si les taux repartent à la hausse ? Pour y voir plus clair, Capital a demandé à Vousfinancer des simulations sur l’évolution des taux d’ici mars 2026.

Pas de nouvelle baisse des taux de crédit en vue

D’emblée, inutile d’espérer un retour des taux à 1% ou 2% des années 2020-2021. Cette époque est révolue. «Le scénario d’une nouvelle baisse est à écarter, les taux ne vont plus baisser», prévient Sandrine Allonier, porte-parole de Vousfinancer. En cause, la récente remontée des taux d’emprunt de l’État français, qui renchérit le coût de financement des banques, et les taux directeurs de la Banque centrale européenne, appelés à rester stables. Deux paramètres qui limitent toute nouvelle détente sur les crédits immobiliers.

Trois trajectoires se dessinent pour le printemps 2026. Premier scénario : des taux quasi stables autour de 3,40%. «Pour atteindre leurs objectifs commerciaux, les banques vont maintenir des taux attractifs en 2026», prévoit Sandrine Allonier. À ce niveau, avec 1 500 euros par mois, le couple pourrait encore emprunter environ 261 000 euros. Pour un crédit de 300 000 euros, la mensualité atteindrait 1 725 euros, ce qui suppose un salaire net mensuel de 5 226 euros.

Deuxième hypothèse : une hausse modérée à 3,50%. Avec 1 500 euros de mensualité, notre couple pourrait encore emprunter 258 639 euros. Pour un crédit à 300 000 euros, la mensualité grimperait à 1 740 euros, soit seulement 15 euros de plus par mois.

Troisième scénario, plus défavorable : une remontée à 3,60%. Avec 1 500 euros de mensualité, ce couple ne pourrait plus emprunter que 256 361 euros. Pour 300 000 euros, la mensualité atteindrait alors 1 755 euros, soit 40 euros de plus chaque mois et un revenu mensuel net d’au moins 5 319 euros. Certains ménages pourraient devoir ajuster leur projet, mais à la marge.

Des conditions plus favorables qu’en 2023

Dans tous les cas, les conditions resteraient plus favorables qu’en 2023, d’autant que les prix immobiliers ont reculé dans de nombreuses villes et que les salaires ont progressé. En 2026, les banques devraient aussi reconduire leurs taux bonifiés pour certains profils ou projets. «De quoi compenser une légère hausse des taux», estime Sandrine Allonier.

Sauf choc politique ou géopolitique majeur, le début 2026 s’annonce donc plutôt propice à l’achat immobilier. Inutile d’attendre une baisse hypothétique qui n’aura pas lieu.