Le marché du luxe gagne en fluidité et en lisibilité en ce début d’année, porté par la stabilisation des taux, qui fait revenir simultanément vendeurs et acheteurs. «Le deuil des taux à 1% est désormais fait», résume le directeur général de Junot, Nicolas Pettex-Muffat.

Un environnement de crédit autour de 3 à 4% est aujourd’hui pleinement intégré dans les stratégies d’achat. En effet, 49% des acquéreurs accompagnés par Junot ont eu recours au crédit, contre 37,5% en 2024, confirmant le retour de stratégies de financement structurées.

Des délais de commercialisation en net recul

Autre indicateur très parlant : le temps de vente se raccourcit. À Paris et en petite couronne, il est passé d’environ 12 semaines à 10 semaines, selon les données internes de Junot. Dans certains quartiers, des appartements rénovés se vendent aujourd’hui en quelques jours, parfois après seulement deux visites, sans même passer par une commercialisation classique.

Les biens rénovés raflent la mise

Dans ce contexte, les biens rénovés surperforment clairement. «On vend plus vite et plus cher les appartements rénovés», constat partagé sur le terrain. Autre tendance forte : les acheteurs veulent plus grand. Les demandes pour les grandes surfaces progressent de 19%, et un bien sur deux vendu compte quatre pièces ou plus.

Familles françaises et retour d’expatriation : un marché à deux vitesses

À Paris, du centre à la rive gauche, les professionnels observent un retour marqué des familles françaises, attirées par la centralité et les établissements scolaires. Parmi elles, de plus en plus de foyers rentrent de l’étranger, notamment de Londres depuis le Brexit, avec des budgets élevés et des critères très exigeants. Dans l’Ouest parisien hors Paris, le marché est très segmenté, souligne Guillaume Cambis : au-delà de 1,5 million d’euros, seuil d’entrée du haut de gamme, 47,3% des acquéreurs sont parisiens, 28,3% locaux et 24,4% internationaux ; en dessous, 85% des acheteurs sont locaux.

Une dynamique forte, sous conditions

La demande d’acquéreurs continue de progresser, au point que le réseau anticipe jusqu’à 20% de demandes supplémentaires en 2026 sur son périmètre. Après correction, les prix se stabilisent : le mètre carré moyen chez Junot s’établit autour de 13 115 euros en 2025, contre 13 357 euros en 2024. Une dynamique très favorable, mais conditionnée à deux variables majeures : l’évolution des taux et le contexte politique, qui pourraient peser sur les volumes comme sur les prix.

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