
Après une période de surchauffe post-Covid marquée par des taux historiquement bas et des volumes de ventes records, le marché a subi un coup d'arrêt brutal en 2023 suite à la remontée rapide des taux d'intérêt. Cette crise de solvabilité a entraîné une chute des transactions et une correction modérée des prix, particulièrement dans les grandes métropoles.
En 2025, le secteur est entré dans une phase de stabilisation, portée par un plateau des taux et une reprise des négociations. Cette année 2026 confirme un retour de la confiance. « La reprise est progressive, commente Olivier Bugette, CEO de la Boîte Immo. C’est dans la nature d’un marché qui se rééquilibre après deux années de correction ».
Les délais avant la signature du compromis de vente s'allongent
Le dernier baromètre de l’Observatoire Interkab des agents immobiliers indépendants (données basées sur les compromis de vente signés au sein d’un réseau de 8 500 agences partenaires de la Boîte Immo) dresse le portrait d’un secteur en pleine mutation au terme de ce premier trimestre 2026, et souligne qu’au premier trimestre 2026, les délais de signature des compromis de vente s’établissent à 107 jours en moyenne en France, soit 7 jours supplémentaires par rapport au trimestre précédent. Sur un an, la tendance est toutefois nettement plus favorable : les délais reculent de 34 jours par rapport au premier trimestre 2025.
Top 10 des grandes villes où les compromis se signent le plus vite au 1er trimestre 2026 :
1. Montpellier : 83 jours (-3 jours)
2. Lille : 87 jours (+12 jours)
3. Marseille : 97 jours (+9 jours)
4. Nice : 99 jours (+20 jours)
5. Nantes : 102 jours (+8 jours)
6. Paris : 105 jours (+11 jours)
7. Bordeaux : 108 jours (+6 jours)
8. Toulouse : 109 jours (+13 jours)
9. Lyon : 111 jours (+13 jours)
10. Strasbourg : 116 jours (+7 jours)
Des ventes à plusieurs vitesses
Derrière cette moyenne nationale, se cache une réalité fragmentée. Dans certaines métropoles, la tension est telle que les délais s’écrasent, tandis qu’ailleurs, l’ajustement des prix freine encore la conclusion des ventes. Avec seulement 83 jours pour signer un compromis, Montpellier s’impose comme la ville la plus dynamique de France depuis la fin de l’année dernière. Face à l’effondrement de la construction neuve, les acquéreurs se sont massivement reportés sur l’ancien. L’offre devenant plus rare face à une demande soutenue, la concurrence devient accrue et accélère les transactions.
Juste derrière, Lille (87 jours) et Marseille (97 jours) complètent le podium de la réactivité, bien que ces deux villes enregistrent une légère hausse de ce chiffre par rapport au trimestre précédent. « À Montpellier, il faut moins de 3 mois pour vendre un bien. Un rythme qui illustre un marché particulièrement dynamique, à rebours de villes comme Strasbourg ou Lyon où les délais dépassent les 110 jours. Cela traduit un décalage dans le rythme de reprise : certains marchés ont déjà retrouvé des acheteurs actifs, quand d’autres restent freinés par des niveaux de prix élevés et une solvabilité plus contrainte », ajoute Olivier Bugette.
Des grandes disparités dans les régions
Paris montre des signes de stabilisation avec 105 jours, signe que le marché de la capitale a enfin digéré sa correction de prix. Des villes comme Strasbourg (116 jours), Lyon (111 jours) ou Toulouse (109 jours) enregistrent des hausses marquées. Ici, le redémarrage est plus laborieux. Pourquoi ? Parce que les prix de présentation y restent élevés par rapport à la capacité d'emprunt réelle des ménages. Dans ces territoires, le bras de fer entre vendeurs et acheteurs dure plus longtemps.
Les disparités sont encore plus marquées dans les départements français. En Île-de-France, les délais varient entre 88 (pour la Seine-Saint-Denis et le Val-de-Marne) et 108 jours pour le Val-d’Oise et les Hauts-de-Seine alors que tous les départements franciliens voient le nombre de jours s’accumuler : 25 jours supplémentaires en Seine-et-Marne et dans les Hauts-de-Seine par exemple.
Tandis qu’en région PACA, les délais se stabilisent globalement entre 92 jours (Hautes-Alpes) et 118 jours (Alpes-de-Haute-Provence). En Auvergne-Rhône-Alpes, il varie entre 93 jours (Ardèche) à 133 jours (Cantal). Du côté de la Nouvelle Aquitaine, il faut 136 jours pour signer un compromis dans les Pyrénées-Atlantiques contre 89 en Corrèze. Enfin, en Occitanie, les temps de signature d’un compromis oscillent entre 109 jours dans les Pyrénées-Orientales et 254 jours dans le Tarn-et-Garonne.



















