Jusqu’ici, tout va bien. Malgré la hausse de la facture énergétique, et l’inflation généralisée, l’Observatoire national des impayés locatifs, placé sous l’égide du ministre du Logement, n’avait constaté, en novembre, aucune « hausse générale du nombre d’impayés dans le parc privé comme dans le parc social ». Ce taux de défaut se maintiendrait donc à un niveau conforme à la normale. Même s’il faudra sans doute rester vigilant, à l’occasion des nouveaux appels de charges locatives, ou des réévaluations de loyers, décidés en ce début 2023. Quant à l’observatoire des squats, tout récemment créé, il ne mentionnait, dans son dernier bilan réalisé auprès des préfets, qu’environ 120 dossiers au niveau national, par ailleurs concentrés dans quatre régions, et dont une centaine étaient en voie de règlement… Mais il datait, il est vrai, de mai 2021.

>> Notre service - Faites des économies en testant notre comparateur de crédit immobilier

Ces constats rassurants n’ont pas empêché le député Renaissance Guillaume Kasbarian de prendre les devants, et de proposer une loi, qui pourrait être adoptée en avril prochain, visant à conforter les droits des bailleurs confrontés à des impayés renouvelés, ou l’occupation illégale d’un logement. « Le texte prévoit notamment de tripler les peines encourues en cas de violation de domicile. Elles passeraient d’un à trois ans d’emprisonnement, et de 15.000 à 45.000 euros d’amende », indique Cécile Rouquette-Térouanne, avocate associée au sein du cabinet Cornet Vincent Ségurel.

Le projet vise aussi à rogner le pouvoir des juges en la matière. Si le texte était adopté en l’état, en cas de condamnation d’un locataire impécunieux, les magistrats ne pourraient plus suspendre les effets de la clause de résiliation du bail, c’est-à-dire son expulsion. Les députés ont par ailleurs complété le texte en créant un délit « d’occupation frauduleuse d’un local à usage d’habitation ou à usage économique ». Il vise les squatteurs bien sûr, mais aussi les locataires défaillants qui se maintiendraient malgré tout dans le logement, une fois la procédure judiciaire d’expulsion terminée. Peine encourue par ces occupants : six mois de prison et 7.500 euros d’amende. La sanction ne s’appliquerait cependant pas aux locataires concernés par la trêve hivernale, bénéficiant d’une décision de sursis à expulsion ou résidant dans le parc social.

La suite est réservée aux abonnés
Abonnez-vous à Capital Profitez de -40% sur votre abonnement annuel standard
  • Accès à tous les articles réservés aux abonnés
  • Le magazine en version numérique
  • Sans engagement