
Face à la hausse des prix de l’énergie et à la volonté de réduire la dépendance au gaz, l’Etat pousse fortement l’installation de pompes à chaleur (PAC) dans les logements. L’objectif est ambitieux : atteindre jusqu’à un million d’équipements posés chaque année d’ici à 2030. Mais sur le terrain, les freins restent nombreux, notamment financiers. Réunis le 26 mai à l’Elysée, les acteurs du secteur ont affirmé être capables de suivre la cadence et de produire suffisamment de pompes à chaleur en France pour répondre à la demande.
L’enjeu est de taille, dans un pays où près de 17 millions de logements doivent être progressivement rénovés pour réduire leur empreinte carbone. Parmi les solutions privilégiées figurent les PAC dites air-eau, qui peuvent se raccorder à des systèmes de chauffage existants. Le secteur estime qu’il serait possible de doubler leur production et d’atteindre environ 300 000 unités par an, contre 170 000 aujourd’hui, rapporte BFM.
Une adoption encore freinée par le coût des travaux
Malgré les aides publiques, le principal obstacle reste le prix. Dans les faits, les ménages doivent encore assumer un reste à charge important. Dans certains projets de rénovation en copropriété, il peut atteindre en moyenne 23 400 euros par logement, une somme qui pèse lourd dans la décision d’investissement. Dans les immeubles, le passage à la pompe à chaleur est souvent plus compliqué. L’installation peut nécessiter des travaux lourds, notamment pour intégrer un réseau de distribution d’eau chaude ou trouver un emplacement adapté pour les équipements.
Selon des spécialistes de la rénovation énergétique, ces contraintes techniques et organisationnelles ralentissent la diffusion des PAC dans les copropriétés, même si des solutions hybrides associant pompe à chaleur et chaudière gaz restent parfois privilégiées pour rassurer les propriétaires. Le secteur observe néanmoins une dynamique positive. Les demandes d’installation de pompes à chaleur ont fortement progressé ces derniers mois, portées par les dispositifs d’aides et la hausse des coûts de l’énergie.


















