Les banques marquent le pas. Selon les derniers baromètres des courtiers relayés par MoneyVox, les taux de crédit immobilier se stabilisent au mois de juin 2026, après une phase très offensive en début d’année. Chez Meilleurtaux, ils s’élèvent, en moyenne, à 3,25% sur 15 ans, 3,39% sur 20 ans et 3,44% sur 25 ans. Des «ajustements limités» sont à noter chez Pretto qui affiche des taux moyens de 3,37% sur 15 ans, 3,47% sur 20 ans et 3,53% sur 25 ans. Enfin chez Empruntis, il faut compter 3,35% sur 15 ans, 3,45% sur 20 ans et 3,55% sur 25 ans.

Si les courtiers restent prudents, c’est parce qu’une réunion de la BCE prévue mi-juin pourrait se conclure sur un durcissement monétaire face au retour des tensions inflationnistes liées au contexte international instable lié au conflit au Moyen-Orient. Toutefois, «les futurs emprunteurs ne doivent pas attendre une chute massive des taux», prévient Ludovic Laborde, cofondateur d'Eloa.

«Aucune hausse massive des taux» à prévoir

Cet attentisme ne refroidit pas pour autant les emprunteurs. En effet, le marché du crédit se porte bien mieux qu'en 2023 ou 2024. Selon Meilleurtaux, la production de crédits immobiliers a progressé d'environ 10% sur un an en ce début d'année. De son côté, Pretto évoque une hausse d'environ 6% au premier trimestre 2026 par rapport au premier trimestre 2025. D’autant plus que les professionnels du secteur, eux, ne croient pas à un retournement brutal du marché dans l'immédiat. «Aucune hausse massive des taux, ni forte baisse, n'est à attendre jusqu'à la rentrée de septembre», affirme Guillaume Fourt, directeur des partenariats bancaires chez Meilleurtaux.

Dans ce contexte, les banques se livrent à une concurrence ardue sur les profils jugés attractifs : primo-accédants, jeunes actifs, ménages disposant d'épargne ou hauts revenus. En ce sens, les courtiers proposent des opérations prometteuses. Par exemple, Pretto évoque une «Vente Flash» du LCL à 1,99% sur certaines acquisitions dans le neuf ou les logements bien classés au DPE.

Les banques restent très sélectives

Si le robinet du crédit se rouvre progressivement, les banques ne relâchent pas pour autant leur vigilance. Eloa exige un apport moyen de 79 000 euros pour un capital emprunté moyen de 264 141 euros, selon les chiffres d’Eloa. L’apport moyen des primo-accédants est plafonné à 54 000 euros, tandis que les durées de crédit continuent de s'allonger afin de respecter la limite des 35% d'endettement. Le coût du crédit reste élevé : pour un emprunt de 250 000 euros sur 20 ans à 3,47%, la mensualité atteint environ 1 446 euros hors assurance, tandis que la facture totale des intérêts dépasse les 97 000 euros, selon Pretto.

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