
Il y a un an, il était habité par huit athlètes de la délégation croate des Jeux olympiques de Paris 2024. Dans quelques semaines, un couple et ses deux enfants y poseront leurs valises pour des années. «Il» est l’un des 2 500 logements créés dans le cadre de la phase «héritage» des JO, destinée à reconvertir le Village des athlètes, situé à Saint-Ouen (Seine-Saint-Denis), en immeubles d’habitation et de bureaux. Ce quatre-pièces, au troisième étage d’un bâtiment qui en compte cinq, est plus précisément l’un des 527 logements commercialisés par un groupement constitué des promoteurs Nexity, Eiffage, Groupama et du bailleur social CDC Habitat.
Ce dernier a acheté aux promoteurs 350 de ces 527 logements, afin de les proposer à la location, sociale, intermédiaire et «libre abordable». A mi-chemin entre HLM et parc privé ou libre, le logement intermédiaire offre des loyers inférieurs de 15% aux prix de marché. «Les logements intermédiaires seront loués 15 euros le mètre carré, ceux en «libre abordable» à 17 euros le mètre carré et les logements sociaux, entre 6 et 14 euros le mètre carré», détaille à Capital Xavier Brissy, directeur adjoint des grands projets chez CDC Habitat. A titre de comparaison, le loyer moyen à Saint-Ouen s’élève à 23 euros le mètre carré, selon SeLoger. Ces logements seront livrés à la rentrée de septembre par les promoteurs mais CDC Habitat commencera à les commercialiser dès la mi-juillet, indique Bruno Gosp, directeur d’agence chez CDC Habitat. Pas de panique pour les candidats locataires qui souhaitent les visiter avant de se décider, des appartements témoins sont là pour ça !
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TVA à 5,5% ou à 20% sur l’achat d’un logement neuf
Vous ne cherchez pas à louer mais à acheter ? Une trentaine d’appartements sont encore disponibles, sur les 98 que Nexity a mis en vente en début d’année. Le promoteur commercialisera les 50 restants en septembre. «Nous en avons vendu 61 sur 98, ce qui est très bien dans l’environnement actuel», c’est-à-dire après deux ans et demi d’une crise immobilière provoquée par la flambée des taux de crédit, souligne Luc Le Gall, directeur régional chez Nexity. Des appartements vendus au prix moyen de 6 000 euros le mètre carré, principalement à des Parisiens et à des habitants de Seine-Saint-Denis en quête de leur nouvelle résidence principale.
Parmi les biens encore disponibles figure par exemple un T5 de 96 mètres carrés, au quatrième étage avec terrasse, affiché à 676 000 euros. A condition, toutefois, que vos revenus vous permettent de bénéficier du taux de TVA réduit de 5,5% sur l’achat d’un logement neuf, réservé aux quartiers prioritaires de la politique de la ville. Si vous devez vous acquitter de la TVA au taux classique de 20%, ce T5 vous reviendra à 768 910 euros. Pour un T3 de 68 mètres carrés, avec parking et loggia, comptez 418 000 euros avec la TVA à 5,5% et 475 450 euros avec la TVA à 20%.
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Un espace extérieur pour chaque appartement
N’est-ce pas un peu étrange d’acheter un appartement neuf qui a été déjà habité, ne serait-ce que quelques semaines ? Luc Le Gall n’a décelé «aucune appréhension» chez les acquéreurs. Il faut dire que les logements ont fait l’objet d’une «remise en état» après le passage des athlètes, indique Elodie Benoît, directrice générale Villes et projets chez Nexity. Ouverture d’une cloison pour supprimer une chambre et agrandir la pièce de vie, pose d’une baignoire pour les enfants à la place de la douche, coup de peinture… «Nous avons réalisé des travaux pour 200 euros le mètre carré», précise-t-elle.
Et, dès leur conception il y a cinq ans, «les logements avaient été pensés dans l’optique de l’usage domestique qui suivrait la phase des JO», assure Evelyne Flacher, directrice générale du pôle de régénération urbaine chez Nexity. En témoigne une hauteur d’au moins 2,50 mètres entre le sol et les poutres en bois qui ornent les plafonds, ainsi que la présence d’un espace extérieur pour chaque appartement.
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Une note A sur le DPE
Conçus avant la nouvelle réglementation environnementale 2020, entrée en vigueur en 2022, les appartements de l’ancien Village des athlètes présentent pourtant la meilleure note possible sur le diagnostic de performance énergétique (DPE), à savoir A. «Le comité international olympique avait été exigeant sur le confort d’été des logements», explique Elodie Benoît. Chaque appartement est ainsi multi-orienté, afin de ne pas soumettre ses habitants à une exposition plein sud, par exemple, et le chauffage au sol est réversible, c’est-à-dire qu’il rafraîchit le logement en été. Un atout de taille alors que les canicules risquent de se multiplier dans les prochaines années.




















