
Entre le point bas de 2020 lié à la pandémie de Covid et le point haut de cette année, atteint en février, en Europe, l’indice actions des banques (BNP Paribas, Crédit agricole, SG…) a progressé en Bourse de… 390%. Donc des cours de Bourse quasiment multipliés par cinq en six ans ! Sur les 24 derniers mois avant la correction entamée au premier trimestre 2026, la hausse de l’indice Stoxx 600 Europe Banks était de 110%, soit plus du double de la performance de secteurs comme les Utilities (services aux collectivités) en encore le secteur Télécommunications, qui ont pourtant été parmi les meilleurs secteurs en Bourse en Europe avec une performance supérieure à 50% sur la même période.
La majeure partie de cette chute sur les actions des banques est évidemment attribuable à la guerre avec l’Iran mais il ne faut pas oublier qu’un mouvement de correction avait déjà commencé quelques semaines plus tôt en raison des craintes liées à la liquidité des fonds de crédit privé. Et plus les taux obligataires restent élevés, plus les coûts des financements restent élevés, plus les risques s'accroissent pour le crédit privé, ce qui peut peser sur le sentiment concernant le secteur bancaire. La guerre en Iran et le blocage du détroit d’Ormuz ont provoqué un redressement rapide des cours de l’énergie, ce qui tire les taux souverains (les taux à long terme des emprunts d’Etat, NDLR) à la hausse un peu partout dans le monde.
BNP Paribas, Crédit agricole, SG… Les actions des banques du CAC 40 souffrent des craintes sur la croissance économique européenne
Les investisseurs en actions craignent de voir les banques centrales relever les taux face à la poussée des prix de l’énergie et au rebond de l’inflation. En ce début de semaine, les marchés anticipent environ 0,50 à 0,75 point de pourcentage de hausses cumulées de taux de la BCE d’ici fin 2026, soit deux à trois hausses de taux… Il ne s’agit que d’un scénario de marché et pas encore d’une réalité, mais si ce scénario se concrétisait, cela ferait très probablement ralentir l’activité économique en zone euro en raison d’un relèvement associé des coûts de crédit pour les ménages et les entreprises.
Sans oublier l’impact déjà existant des coûts de l’énergie pour les acteurs économiques en zone euro. C’est ce risque de ralentissement économique pour la zone euro que les investisseurs intègrent dans leur positionnement par rapport aux valeurs bancaires (dont BNP Paribas, Crédit agricole et SG, les banques du CAC 40) ces derniers mois.
BNP Paribas, Crédit agricole, SG… Quelles perspectives sur les actions des banques du CAC 40 selon l’analyse technique ?
Du point de vue de l’analyse technique, l’indice Stoxx 600 Europe Banks pourrait rester pendant quelque temps à l’intérieur d’un range (intervalle de fluctuation des cours) compris entre le sommet de février et le creux de mars (un range de 25% d’amplitude). Le bas du range se trouve 12% sous les niveaux actuels, ce qui peut donner un ordre d’idée du risque de correction supplémentaire par rapport aux niveaux actuels si le blocage de la situation en Iran devait perdurer. Un retour sur le haut de cette zone serait intéressant et pourrait constituer un signal de reprise de tendance haussière, surtout si ce signal de l’analyse technique intervient dans le cadre d’un règlement du conflit avec l’Iran.












