En 2024, l'Assurance maladie a repéré et stoppé 628 millions d’euros de fraudes. Elle enregistre une hausse de près de 35 % par rapport à 2023. Alors, dans les collectivités, les mairies ont recours à de nouvelles méthodes : les détectives privés. Francetv a suivi l'un d'entre eux, chargé de prendre en filature un employé soupçonné d'abuser de son arrêt de travail. En ce moment, le détective suit «un agent public qui est en arrêt, et qui en parallèle exerce une activité de façon récurrente. Taille de haie, entretien de jardin alors que vous êtes en accident du travail pour un mal de dos...» fait-il remarquer.

Une fois les éléments accumulés, le détective les remet au commanditaire de la filature pour que celui-ci puisse, éventuellement, monter un dossier à charge contre son employé. Légalement, les preuves recueillies par un détective sont prises en compte par la justice tant qu'elles respectent les principes juridiques de légalité, de loyauté et de proportionnalité. Faire appel à ce genre de mission peut coûter entre 5 000 et 10 000 euros à une commune.

Une profession qui évolue

«C'est un métier de chasseur, ça peut durer très longtemps. Vous pouvez avoir des surveillances qui se déroulent sur plus d'une dizaine d'heures», décrit-il. Le détective raconte que ces missions sont très nouvelles. Au début de sa carrière, les demandes étaient davantage portées sur des histoires d'adultère ou d'espionnage de chefs d'entreprise concurrents. Cette demande de suivre des employés en arrêt maladie est très récente.

Un ancien chef de la police de la ville de Messery, suivi par un détective privé pendant plusieurs semaines, témoigne au micro de Francetv. «C'est hyper intrusif, c'est hyper traumatisant. Ils sont carrément sur ma vie privée avec ma compagne, mes enfants, mes amis, à mon domicile, mes allées et venues en arrêt maladie. C'est vrai que le coup du détective privé, quand on me l'a dit, je me suis dit : il n'y a rien qui va les arrêter» se remémore-t-il.