Quand on lui dit qu’il «agace» la majorité, Jean-Paul Mattei retient un rire facétieux. «Je n’agace pas la majorité! Je considère qu’on est élu pour améliorer la vie des Français. Et si nous n’envoyons pas maintenant des signes de solidarité, nous allons patiner dans ce mandat…», rétorque l’élu des Pyrénées-Atlantiques. Président du groupe démocrate (MoDem et indépendants) à l’Assemblée nationale, proche de Renaissance, le député était devenu un caillou dans la chaussure du gouvernement au moment du dernier budget. Il avait alors réussi à faire passer un amendement qui proposait de relever la flat tax à 35% pour les «superdividendes», sous les applaudissements d’élus de gauche... et les grimaces de l’exécutif! Le 49.3 est passé par là, enterrant pour un temps cette proposition hardie. Six mois plus tard, le Béarnais, qui conduit une mission d’information sur la fiscalité du patrimoine, revient à la charge. «Lorsque le président parle de contribution exceptionnelle en cas de rachat d’actions par les grandes entreprises, moi, j’aimerais bien qu’il parle aussi d’impôts!», persiste le trublion du centre.

Mais augmenter les prélèvements, Emmanuel Macron ne veut pas en entendre parler. Le locataire de l’Elysée l’a martelé lors de son allocution après la séquence mouvementée des retraites: «La réponse ne pouvait pas être de baisser les pensions, elle ne pouvait pas être non plus d’augmenter les cotisations de ceux qui travaillent.» Sitôt appuyé par son ministre de l’Economie Bruno Le Maire, qui dès le lendemain jetait de l’huile sur le feu, assurant vouloir traquer la fraude sociale, cet argent «renvoyé au Maghreb ou ailleurs».

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