Le ministère américain de la Défense a dépensé des sommes astronomiques au mois de septembre 2025 : 6,9 millions de dollars de homards, 15,1 millions pour des entrecôtes, 1 million pour du saumon… Comme le révèle un rapport de l’association Open the Books, cité par BFMTV, c’est 93,4 millions de dollars qui ont été dépensés en seulement cinq jours. En plus des denrées alimentaires, il y a eu 5,3 millions de dollars d’achats chez Apple, 225,6 millions de mobilier, dont 12.540 dollars pour des présentoirs à corbeilles de fruits.

Ces dépenses astronomiques ne semblent pourtant pas avoir de lien avec la défense du pays. Il s’agirait en fait de la conséquence du système «use-it-or-lose-it», ou «dépenser ou perdre». Cela signifie que les agences gouvernementales doivent utiliser leurs financements avant la fin de l’exercice fiscal, le 30 septembre. Si ce n’est pas le cas, elles sont dans l’obligation de rendre les fonds au Trésor américain. C’est ainsi que les dépenses de certaines agences crèvent le plafond au mois de septembre, mais le cas du ministère de la Défense en 2025 va bien au-delà.

L’association critique le système

Pourtant, les États-Unis traversent une période de tension budgétaire. Donald Trump a même créé, à son arrivée à la Maison Blanche, le Doge, ministère de l’Efficacité gouvernementale. Celui-ci, dirigé par Elon Musk, était chargé de couper 1 000 milliards de dollars de dépenses de l’État. Bien que celui-ci ait été dissous à la fin de sa mission, «le gouvernement fédéral a enregistré un déficit de 1 800 milliards de dollars en 2025», rappelle Open the Books.

L’association appelle à un changement du système «use-it-or-lose-it» pour permettre «de reporter des portions de son budget sur l’année suivante, au lieu de gaspiller de l’argent en fruits de mer et en pianos chaque mois de septembre». De son côté, Donald Trump «a appelé à ce que le budget du département de la Défense (DoD) passe de 1 000 milliards à 1 500 milliards de dollars d'ici 2027, ce qui rendrait l'équilibre budgétaire encore plus irréalisable», rappelle l’association.