
La France va se doter d’un nouveau budget pour 2026. Après de longs mois de débats, de concessions et d’économies à réaliser, couplés à des motions de censure, Sébastien Lecornu a finalement eu gain de cause. Mais cela a laissé des traces, et surtout, rien ne dit que cela sera suffisant, notamment pour ramener le déficit public en dessous de 5%. Invité de l’émission «Brunet sans filtre» sur LCI, Didier Migaud a souligné que le problème du dérapage budgétaire était ancien. Au début des années 2000, il avait proposé une nouvelle constitution financière et budgétaire.
«Force est de constater que cette nouvelle constitution est peu appliquée», a-t-il regretté. Elle avait pourtant pour objectif de responsabiliser davantage les gestionnaires publics ou le Parlement, a rappelé l’ancien premier président de la Cour des comptes et ancien ministre. Selon lui, «la culture du résultat n’a pas prospéré» et surtout, les hommes politiques «s’intéressent trop peu à l’exécution, à l’efficacité, à l’efficience de l’action publique contrairement aux citoyens». Une chose que Didier Migaud ne parvient pas à comprendre.
La confiance pour responsabiliser les ministres
Dans la foulée, l’ancien président de la Haute Autorité pour la transparence de la vie publique (HATVP) a fustigé la politique actuelle : «On continue de privilégier les effets d'annonce et porter peu d’intérêt aux résultats.» Didier Migaud déplore que l’on «attribue les moyens sans tenir compte des moyens et des évaluations». Pourtant, une gestion publique saine devrait passer par plusieurs éléments-clés, l’ancien ministre de citer la responsabilité, la transparence, l’évaluation, le suivi et la volonté. «Mais tous ces mots font défaut», a-t-il cinglé sur LCI.
Evoquant une procédure budgétaire actuelle «inadaptée, chronophage et déresponsabilisante», Didier Migaud constate que «personne ne se fait confiance». Or, «s’il n’y a pas un petit peu de confiance, ça ne peut pas marcher», a-t-il martelé. Comme exemple, l’ancien garde des Sceaux a cité le fait que l’on discute séparément des recettes du budget de l’Etat et de la Sécurité sociale.
Partisan de revues systématiques des programmes et de dépenses, Didier Migaud a regretté que l’on «empile souvent des dispositifs sans s’interroger sur leur efficacité». Il milite ainsi pour «contractualiser» l’ensemble afin de contribuer à la «responsabilisation» plutôt que de faire de coups de rabot permanents.




















