Beaucoup d'épargnants supposent que le fisc sait tout et que, par conséquent, leurs placements financiers sont déclarés automatiquement. C'est parfois le cas… mais la plupart du temps, il y a des élements à reporter soi-même sur sa déclaration : notamment si un retrait a eu lieu ou si des dividendes ont été touchés hors d'une enveloppe fiscale durant cette année 2025. D'autant que depuis le 1er janvier 2026, une hausse s'applique sur certains placements : le taux des prélèvements sociaux est passé de 17,2 % à 18,6 %, ce qui alourdit la facture sur l'ensemble des retraits imposables.

Dois-je déclarer mon assurance-vie aux impôts ?

La règle est simple concernant votre assurance-vie : pas de rachat en 2025, pas de déclaration. Les intérêts qui s'accumulent dans le contrat ne sont pas imposables tant qu'ils restent dans l'enveloppe. Sur les fonds en euros, les prélèvements sociaux (qui restent à 17,2 % sur ce placement, contrairement au PER) sont d'ailleurs prélevés automatiquement chaque année par l'assureur sur les intérêts crédités. Vous n'avez rien à calculer.

Si vous avez effectué un rachat en 2025, les données sont normalement pré-remplies dans votre déclaration via l'IFU (Imprimé Fiscal Unique) que votre assureur vous a transmis. Vérifiez que les montants correspondent. Le traitement dépend ensuite de l'ancienneté du contrat et de la date de vos versements.

Pour un contrat de moins de 8 ans, les gains sont à reporter en case 2ZZ soumis à la flat tax de 30 % (12,8 % d'impôt sur le revenu et 17,2 % de prélèvements sociaux). Si votre tranche marginale d'imposition est inférieure à 12,8 %, cochez la case 2OP pour opter pour le barème progressif.

Pour un contrat de plus de 8 ans, avec des versements effectués depuis le 27 septembre 2017 : l'abattement de 4 600 euros (9 200 euros pour un couple) s'applique en premier sur les gains. Sur ce qui reste après abattement, la part correspondant à des versements nets n'excédant pas 150 000 euros au total va en case 2VV (taxée à 7,5%) ; la part excédant ce seuil va en case 2WW (taxée à 12,8%). Si vous n'avez qu'un seul contrat chez un seul assureur, ces cases arrivent pré-remplies. En revanche, si vous détenez plusieurs contrats chez des assureurs différents, chaque assureur ne voit que ses propres chiffres : c'est à vous d'additionner le total de vos versements nets sur l'ensemble de vos contrats pour savoir si vous franchissez le seuil de 150 000 euros, et de répartir vous-même entre les deux cases.

Dois-je déclarer mon PEA lors de ma déclaration d'impôts ?

Si vous n'avez fait aucun retrait en 2025, vous n'avez rien à déclarer. C'est le principe d'une enveloppe fiscale : les gains qui restent dans l'enveloppe ne sont pas imposés tant qu'ils ne sont pas sortis.

Si vous avez retiré de l'argent avant le cinquième anniversaire de l'ouverture du plan, les conséquences sont lourdes : le PEA est automatiquement clôturé, et l'ensemble des gains réalisés depuis l'ouverture sont imposés au prélèvement forfaitaire unique. En 2025, celui-ci était encore de 30 % (12,8 % d'impôt sur le revenu et 17,2 % de prélèvements sociaux, qui passent à 18,6 % en 2026). Vous n'avez qu'à reporter le montant indiqué sur votre IFU en case 3VT de votre déclaration, si ce n'est pas fait automatiquement. Il existe néanmoins des exceptions : licenciement, invalidité, mise à la retraite anticipée ou liquidation judiciaire de l'entreprise ouvrent droit à une exonération d'impôt sur le revenu.

Si votre PEA a plus de cinq ans, les retraits partiels sont possibles sans clôture. Les gains sont alors exonérés d'impôt sur le revenu, mais les prélèvements sociaux à 18,6 % restent dus sur la part de gains comprise dans le retrait. Ceux-ci sont déjà prélevés à la source. Le seul cas dans lequel vous avez besoin de compléter votre IFU, c'est en cas de retrait avec moins-value, à la case 3VH.

Compte-titres : des données pas toujours transmises automatiquement

Pour un compte-titres ouvert auprès d'un établissement français (Boursorama, Fortuneo, Saxo Banque...), votre banque transmet directement à l'administration fiscale les données de l'IFU. La flat tax de 31,4% s'applique par défaut. Si votre tranche marginale d'imposition est inférieure à 12,8%, l'option pour le barème progressif (case 2OP) peut être plus avantageuse.

Le problème se pose avec les courtiers étrangers, comme Trade Republic par exemple. Ce dernier fournit désormais un document fiscal récapitulatif à ses clients français, qui facilite bien le travail, mais les données ne sont pas automatiquement transmises à l'administration : vous devez souvent reporter vous-même les montants dans les cases correspondantes. Vous retrouvez les plus-values nettes en case 3VG et les dividendes dans différentes cases : 2BH si les revenus ont déjà été soumis aux prélèvements sociaux (et l'acompte déjà payé apparaît en case 2CK) ou 2DC pour ceux éligibles à l'abattement de 40 %.

Attention, un compte non français doit être déclaré comme un compte détenu à l'étranger via le formulaire 3916-bis. L'oubli est sanctionné par une amende de 1 500 euros par compte non déclaré, même sans aucun revenu réalisé dans l'année.