
Avec un CAC 40 qui oscille près de ses sommets historiques au printemps 2026 et des marchés américains qui enchaînent les records – malgré la situation au Moyen-Orient et la menace de l'inflation –, beaucoup d'investisseurs particuliers se posent les mêmes questions. Faut-il attendre une correction pour entrer ? Vendre dès maintenant pour préserver ses gains est-il la solution ? Cette tentation porte un nom, le « market timing ». Elle consiste à anticiper les mouvements de marché pour acheter au plus bas et vendre au plus haut.
Mais pendant que vous « attendez le meilleur moment », vous n'investissez pas. Maxime Kugler, responsable de l'offre financière chez Altaprofits, courtier en gestion de patrimoine en ligne, est catégorique là-dessus : « Le "bon moment" pour investir est souvent une illusion : on ne le reconnaît qu'une fois qu'il est passé » C'est précisément là où le bât blesse. Quand les marchés remontent, ceux qui avaient attendu la « bonne occasion » se retrouvent à racheter encore plus haut qu'au moment où ils hésitaient.
Le piège des « meilleurs » et des « pires » jours
Les statistiques sont d'ailleurs accablantes pour ceux qui s'essaient à « timer » le marché. Selon une étude de référence de l'Autorité des marchés financiers, réalisée sur un panel de 14 799 clients actifs en France, près de 9 traders particuliers sur 10 sont perdants sur les marchés du Forex et des CFD sur quatre ans, avec une perte moyenne de 10 900 euros par client. Et même sur les marchés actions plus classiques, vouloir entrer et sortir au « bon moment » fait perdre énormément de rendement aux investisseurs.
L'explication est mathématique. Sur les marchés, la performance ne s'étale pas de manière uniforme dans le temps : elle se concentre sur quelques journées exceptionnelles. Une étude souvent citée de JP Morgan a mesuré la performance du S&P 500 entre 2001 et 2020. Un investisseur resté investi sur l'intégralité de la période a obtenu une performance annualisée de 7,47 %. Celui qui aurait manqué les 10 meilleures journées de Bourse sur ces 20 ans tombe à 3,35 % par an : plus de deux fois moins. Celui qui aurait manqué les 60 meilleures séances ? Il aurait perdu de l'argent, avec une performance annuelle de -6,81 %.
Le DCA, la méthode qui supprime la question du timing
Prendre le risque de manquer ces jours-là, c'est donc prendre le risque de saboter tout son plan d'investissement. Et c'est là que se cache le piège : ces meilleurs jours arrivent souvent au pire moment psychologique, après une baisse, quand les particuliers hésitent à couper les pertes. « Les meilleurs et les pires jours de marché sont souvent très proches les uns des autres. C'est ce qui rend le market timing si dangereux : sortir du marché pour éviter les baisses, c'est aussi prendre le risque de manquer les rebonds », soulève Maxime Kugler. La bonne nouvelle, c'est qu'il existe une technique pas si compliquée pour éviter ce piège : le DCA.
Pour contourner ce problème, le Dollar Cost Averaging (DCA) est une méthode très simple : elle consiste à investir la même somme à intervalle régulier (chaque mois, chaque trimestre), peu importe ce que font les marchés. « L'investissement progressif permet justement de lisser ses points d'entrée et de réduire le risque de mauvais timing », confirme notre expert. Vous ne ratez aucune des fameuses meilleures séances. En plus de cela, si la Bourse monte, votre versement permet d'acheter moins de parts ; si elle baisse, vous en achetez davantage. Tout finit par s'équilibrer.
Mettre en place un DCA est très simple : sur une assurance-vie, l'investissement programmé, qui se déclenche à la même date à intervalle régulier, est disponible partout. Vous pouvez l'activer ou le désactiver à tout moment. Sur les comptes-titres ou PEA, cela dépend de votre courtier.











