
En France, le statut de parent isolé ouvre droit à des aides spécifiques visant à compenser l'absence de second revenu. Versée par la CAF (ou la MSA), l’Allocation de soutien familial (ASF) est versée si un parent seul est privé de l’aide de l’autre parent (en cas de non-reconnaissance, décès ou d’une pension alimentaire non payée ou faible). En 2026, elle est de 200,78 euros par mois et par enfant. Si la pension alimentaire fixée est inférieure à ce montant, la CAF verse un complément via l'ASF différentielle.
Pour un parent isolé, le RSA peut être majoré temporairement, un an ou jusqu'aux 3 ans du dernier enfant plus précisément, pour atteindre 1 115,80 euros pour un parent seul avec un enfant, en 2026. Côté prime d'activité, depuis le 1er avril de cette même année, une réforme permet à des parents isolés avec des revenus plus élevés (jusqu'à 1,5 fois le SMIC, soit environ 2 165 euros net) de devenir éligibles ou de voir leur prime augmenter d'environ 50 à 60 euros par mois.
Impôts et frais de garde
Sur la déclaration d’impôt, cocher la case T réduit la base imposable en comptant le premier enfant comme une part entière au lieu d’une demi-part. Sachant que l'avantage est plafonné à 4 262 euros d'économie d'impôt. Pour les frais de garde, le Complément de libre choix du Mode de Garde (CMG) peut être pris en charge jusqu’à hauteur de 85 % pour la rémunération d’une assistante maternelle. Et depuis le 1er septembre 2025, il est possible de bénéficier de cette aide jusqu’aux 12 ans de l’enfant, dans les mêmes conditions que pour les enfants âgés de 0 à 6 ans.
Sans oublier les aides ponctuelles et l'accompagnement comme l’aide aux vacances (VACAF), une prise en charge d'une partie des frais de séjour ou de colonie de vacances selon le quotient familial, les aides sociales locales via les CCAS des communes qui proposent souvent des tarifs réduits pour la cantine scolaire, les centres de loisirs ou les transports en commun. L'ARIPA de la CAF s'occupe de recouvrer les pensions alimentaires impayées. À noter que les familles monoparentales sont prioritaires dans les barèmes de l’Allocation de Rentrée Scolaire (ARS), versée en août pour les enfants de 6 à 18 ans.
Pression et inquiétude pour les familles monoparentales
Mais ces aides sociales ne suffisent pas à rattraper l’écart économique des familles monoparentales par rapport aux familles nucléaires, comme le révèle une enquête récente de Cofidis (sur un échantillon de 515 familles monoparentales interrogées en ligne en avril 2026) : 62 % des familles monoparentales craignent manquer d'argent à la fin du mois pour couvrir les dépenses essentielles de leurs enfants. D’ailleurs, 41 % jugent leur pouvoir d'achat faible, contre 26 % des Français interrogés (chiffres provenant de deux études précédentes de Cofidis, le baromètre du pouvoir d'achat et le budget des parents).
Dans ce contexte, chaque fin de mois devient un exercice d’équilibre. Ainsi, 73 % des familles sondées font particulièrement attention au prix des produits qu'elles achètent et 70 % réduisent leurs dépenses non essentielles, des réflexes plus répandus que dans la population générale (respectivement 54 % et 60 %). « Ces familles monoparentales choisissent la restriction – la dépense n’est pas faite – ou l’adaptation en choisissant par exemple de ne plus acheter neuf par exemple », commente Mathieu Escarpit, directeur marketing de Cofidis France.
Le recours au découvert et au crédit
N’en déplaise à certains, le salaire constitue la source de revenus principale (84 %), les aides sociales ne concernant qu'une minorité de foyers (9 %). Si l’utilisation du découvert bancaire est une conséquence de leur fragilité économique, elles sont 23 % à être à découvert au moins une fois par mois, contre 13 % des Français interrogés. « Les familles monoparentales utilisent le fait de puiser dans le budget des dépenses courantes, une alternative aux emprunts et le signe d’une gestion prudente, analyse le directeur marketing. Il y a aussi le crédit et les facilités de paiement, sans frais et à court terme ».



















