
Avant de parler de frais professionnels, il s’agit de choisir le bon régime fiscal adapté. Pour la micro-entreprise, il n’est pas possible de déduire les charges pour leur montant réel mais un abattement s’applique : 71 % du chiffre d'affaires pour les activités d'achat-revente ou de fourniture de logement relevant des BIC ; 50 % pour les autres activités de services relevant des BIC et enfin 34 % pour les BNC. « Cela peut être intéressant pour un chiffre d’affaires en dessous d’un certain plafond, avec peu de dépenses, en début d’activité par exemple », conseille Nahima Zobri, head of tax chez Dougs.
Dans la plupart des cas, les frais réels sont plus intéressants car ils permettent aux travailleurs indépendants de déduire tout ou partie des frais professionnels de leur résultat, en créant des charges rattachées à l’exercice de l’activité. L’objectif ? « Avoir un résultat fiscal finalement plus faible et donc payer moins d'impôts, prévient l’experte. Mais, il faut pouvoir justifier la réalité de la charge et son montant car si l'administration fiscale la considère comme fictive, il peut y avoir des pénalités ».
Les frais de déplacement et de repas
Si vous devez vous déplacer pour aller voir vos clients ou prospecter, vous allez utiliser votre véhicule personnel, c’est l’entreprise individuelle qui vous reversera des frais kilométriques avec l’utilisation du barème kilométrique, selon le type d’activité et la puissance du véhicule. Précisément, cela concerne les frais de déplacement, les revenus d’une activité de covoiturage pour des déplacements d'ordre professionnel, les fractions des loyers d'un véhicule en location ou crédit-bail et les frais liés à un véhicule qui appartient à l’entreprise (amortissement, assurance, intérêts d'emprunt et réparation).
Les frais déductibles peuvent concerner les repas également. « On peut imaginer un déjeuner avec des partenaires commerciaux, des clients ou des sous-traitants à l'extérieur, confirme-t-elle. Bien entendu, le justificatif est important et doit être conservé ». Sachant que ce repas est plafonné : pour l’année 2026, il y a deux montants à avoir en tête. Le coût du repas à domicile a été fixé à 5,50 euros, cette fraction n’est donc jamais déductible. En revanche, le plafond maximum déductible est de 21,40 euros ce qui fait une déduction maximale de 15,90 euros. Si vous invitez un client, ce sont des frais de réception, donc plus de plafond applicable.
Les frais professionnels à domicile
Pour le travailleur indépendant qui travaille principalement à domicile, une convention de mise à disposition est à mettre en place : « La personne travaille dans une pièce par exemple de 20 m² pour laquelle on peut venir facturer l’entreprise individuelle chaque mois, assure l’experte. Attention, on peut voir la charge déductible d’un point de vue professionnel mais, dans le cas du loyer, il ne faut pas oublier l’impôt sur le revenu d’un point de vue personnel. « Cela va créer un revenu supplémentaire, un revenu foncier imposable, qui pourrait peut-être faire changer de tranche de revenus, confirme-t-elle. Il faut juste l’avoir en tête ».
« Il est également possible d’intégrer une quote-part pour l’abonnement téléphonique et une box Internet, même pour un abonnement d’heures de ménage », atteste-t-elle. Sans parler de quote-part, le matériel informatique, les logiciels et les divers abonnements liés à l’intelligence artificielle par exemple sont également concernés. « Cela concerne principalement des informaticiens ou des développeurs ».
Formation et santé
Certaines professions peuvent déduire des frais de formation, « je pense notamment aux avocats qui ont une obligation annuelle de formation par exemple », ajoute Nahima Zobri. Cela peut être intéressant puisque le montant n’est pas plafonné : « Il faut donc que ce soit raisonnable et proportionnel au chiffre d’affaires annuel ». À noter que les frais de santé, mutuelle et prévoyance, sont également concernés puisque leur part rattachée à l’activité professionnelle peut constituer une charge déductible.



















