À l’approche du début de la Coupe du monde 2026, c’est un coup de filet dont les gendarmes du centre de lutte contre les criminalités numériques vont pouvoir s’enorgueillir. Comme le rapporte 20 Minutes, les gendarmes spécialisés dans la cybercriminalité ont démantelé, mardi 2 juin, un important réseau de piratage des flux de télévisions payantes. Onze individus ont ainsi été arrêtés par les forces de l’ordre, trois en Belgique et huit autres en France.

Les malfaiteurs arrêtés proposaient à des milliers d’utilisateurs - 250 000 selon les derniers chiffres - une solution illégale nommée «Noos+» qui permettait de pouvoir avoir accès à du contenu VOD et des chaînes payantes à l’instar de Ligue 1+ ou encore BeIN Sports contre un abonnement annuel compris entre 50 et 100 euros. L’enquête, dirigée par la section de lutte contre la cybercriminalité du parquet de Paris et confiée à l’unité nationale cyber de la gendarmerie (UNCyber) avait été déclenchée après une plainte en 2024 de Canal+. La chaîne avait en effet découvert que ce service proposait d’accéder aux flux de télévisions payantes, dont la sienne, contre un prix dérisoire et ce, alors qu’un abonnement au bouquet Canal+ peut atteindre jusqu’à 110 euros par mois.

12 millions d’euros de bénéfice pour le réseau criminel

Et le moins que l’on puisse dire, c’est que «Noos+» a rapporté une coquette somme au réseau criminel. En l’espace de cinq ans, les malfaiteurs ont ainsi réalisé un bénéfice de plus de 12 millions d’euros selon les chiffres fournis par les enquêteurs. Par ailleurs, les perquisitions menées dans le cadre de cette enquête ont permis la saisie de 20 serveurs «hébergeant la solution à travers la France et en Europe», mais aussi 750 000 euros en cryptomonnaies, 380 000 euros sur des comptes bancaires, et plus de 100 000 euros en liquide. À cela s’ajoute également des objets de luxe (voitures, sacs, matériels informatiques) pour 150 000 euros, soit un total de presque 1,4 millions d’euros.

Alors que désormais les milliers d’abonnés ont vu brutalement leur abonnement cesser de fonctionner, les vendeurs d’IPTV illégale s’exposent en France à une amende pouvant atteindre 375 000 euros pour recel de contrefaçon et jusqu’à cinq ans d’emprisonnement et 500 000 euros d’amende pour des délits organisés. Quant aux acheteurs, eux aussi ne sont pas à l’abri de poursuites. Les clients d’une IPTV illégale peuvent en effet potentiellement être considérés comme des complices d’une violation du droit d’auteur, ce qui les exposent aux mêmes sanctions que les contrefacteurs.