
Si la guerre au Moyen-Orient fait flamber le prix du carburant et pèse sur le budget des automobilistes, le Livret A pourrait lui aussi être affecté. Antoine Saintoyant, directeur adjoint de la Caisse des dépôts – qui gère près de 60% de l’encours du petit livret rouge – anticipe une hausse du taux. Avec «une inflation qui a tendance à remonter», la Caisse des dépôts «s’attend quand même plutôt à ce que le taux du Livret A remonte» d’ici la fin de l’année, rapporte La Voix du Nord. Actuellement fixé à 1,5%, le taux sera révisé à la mi-juillet par la Banque de France et Bercy, pour une application à partir du 1er août.
Selon l’Insee, l’inflation a déjà atteint 1,7% sur un an en mars, après 0,9% en février, sous l’effet d’une explosion des prix de l’énergie, notamment des produits pétroliers, qui ont bondi de 7,3% sur un an. Cette hausse s’inscrit dans le contexte des tensions au Moyen-Orient, avec les premières attaques israélo-américaines contre l’Iran fin février. Une remontée du taux du Livret A est une bonne nouvelle pour les épargnants, mais elle pourrait peser sur le financement du logement social.
Impact sur le logement social
Selon Antoine Saintoyant, tant que le taux reste inférieur à 2%, les conditions de crédit restent favorables pour les bailleurs sociaux, mais au-delà, le coût des prêts pourrait augmenter. En 2025, la Banque des territoires, filiale de la Caisse des dépôts, a financé près de la moitié des logements neufs créés en France, avec 108 000 logements sociaux et 14 000 logements intermédiaires. Pour les loyers les plus bas, les PLAI, 3,6 milliards d’euros ont été mobilisés, représentant 29% des prêts accordés au logement social.
Malgré ces efforts, les besoins restent importants. L’Agence nationale de contrôle du logement social estime que la production de PLAI depuis 2014 est insuffisante, et le financement des logements locatifs intermédiaires reste trop faible pour couvrir la demande. Par ailleurs, l’épargne collectée sur le Livret A pourrait également contribuer à des projets de grande envergure, comme la construction de six nouveaux réacteurs nucléaires EPR2, pour laquelle la Caisse des dépôts prévoit une enveloppe de près de 50 milliards d’euros à injecter entre fin 2026 et début 2027.



















