Le président du Medef Patrick Martin a pronostiqué mardi que la guerre au Moyen-Orient ne provoquerait «pas d'explosion de l’inflation» mais plutôt «une moindre croissance» accompagnée d'une hausse modérée des prix. «Notre pronostic, c'est qu'il n'y aura pas d'explosion de l'inflation mais il y aura une moindre croissance et une inflation qui pourrait être augmentée selon les circonstances de quelques dixièmes de points», a déclaré M. Martin sur BFM Business.

«Ce qui nous préoccupe beaucoup plus, ce sont les taux d'intérêt et singulièrement dans le cas de la France», a-t-il ajouté. Le rendement de la dette française à échéance dix ans se situait lundi en fin de journée à 3,71%. En début de journée, il avait bondi à son plus haut niveau depuis juillet 2009, à 3,81%, peu après l'ouverture de la séance. Avant le début de la guerre en Iran, il évoluait autour de 3,20%.

Pas assez d’économies dans le budget

Lors de la discussion du budget 2026, «j'avais pointé du doigt le fait qu'on ne saurait pas faire face à un choc. (...) Il se trouve que ce sombre pronostic se concrétise avec cette crise au Moyen-Orient», affirme-t-il. Face à la hausse des prix des carburants, le gouvernement a annoncé lundi des mesures de soutien à la trésorerie des secteurs des transports, de la pêche et de l'agriculture, mais sans aide directe à la pompe pour tenir le déficit public à 5% du Produit intérieur brut (PIB).

«Si on était au niveau de déficit de l'Italie ou de l'Espagne - je ne parle même pas du Portugal ou de la Grèce qui sont maintenant en excédent budgétaire -, on aurait des marges de manoeuvre de l'ordre de 80-90 milliards d’euros», a-t-il affirmé.