L’année avait pourtant bien commencé sur le front de l’immobilier : taux de crédit en baisse, coûts de crédit allégés… de quoi relancer le secteur après plusieurs années de crise. Mais cela, c’était avant le déclenchement de la guerre au Moyen-Orient. Depuis quelques jours, les taux sont repartis à la hausse, légèrement certes, mais assez pour laisser planer la menace sur la reprise dans le neuf notamment. Et aujourd’hui, les professionnels sont inquiets, explique La Tribune. Le 7 avril, le ministre du Logement, Vincent Jeanbrun, a reconnu que la guerre impactait la construction de logements puisqu’elle constitue «un facteur exogène extrêmement impactant pour la production».

Un discours étayé par le président de la Fédération des promoteurs immobiliers (FPI), Pascal Boulanger, qui explique avoir «des promoteurs au téléphone qui (lui) disent qu’ils ont l’impression que le véhicule est à l’arrêt». Le constat est d’ailleurs clair en cas de conflit armé : «Les gens attendent», constate-t-il. Selon la Fédération française du bâtiment (FFB), les membranes bitumineuses ont déjà bondi jusqu’à 35%, quand certains produits plastiques, comme le PVC et le polystyrène, ont vu les hausses atteindre 20%. Plus globalement, près de deux tiers des artisans ont noté des augmentations tarifaires, indique la Capeb.

L’objectif du gouvernement plombé par la hausse des taux ?

Il faut ajouter à cela la hausse des taux d’intérêt, craint la FNAIM. «La hausse des taux est inévitable», laisse entendre son président, Loïc Cantin, qui décrit «un marché en souffrance», aussi bien dans l’ancien que dans le neuf. Pour rappel, selon les chiffres de la Banque de France, au mois de février, le taux moyen s’élevait à 3,23%. D’après PAP, sur 15 ans, le taux moyen pouvait même se négocier jusqu’à 2,80%. Une remontée des taux dans les semaines à venir pourrait avoir de lourdes conséquences, laisse entendre la directrice générale du bailleur social 3F.

«Si la hausse des taux arrive, cela va chahuter les organismes HLM et l’accession à la propriété», souligne celle dont l’organisation construit actuellement 85 logements à Bondy. C’est dans cette ville que le ministre du Logement s’est rendu le 7 avril. Il a annoncé à cette occasion «travailler rapidement» sur un observatoire des prix des matériaux de construction pour «voir si ces hausses sont justifiées ou s'il y a des effets d’aubaine».

Toutefois, le ministre n’a pas mis de côté ses objectifs de construction de deux millions de logements d’ici 2030. Il a mis en avant la nécessité de «s’adapter pour absorber cette crise». Rien que cette année, 125 000 logements sociaux doivent être construits. Pour atteindre cet objectif, le gouvernement mise sur son dispositif de simplification administrative pour accélérer les constructions, mais également sur le soutien fiscal aux investisseurs. La suite du conflit au Moyen-Orient permettra aux différents acteurs de mieux anticiper les défis à venir.