
Depuis le 1er février 2026, le livret A est rémunéré à 1,5 %, son taux le plus bas depuis 2021. Cette baisse était anticipée, et beaucoup d'épargnants l'ont encaissée sans se poser de questions… jusqu'au retour de l'inflation. En ce début de printemps, elle a remonté à environ 2,2 % sur le mois d'avril, portée par la flambée des prix de l'énergie liée au conflit au Moyen-Orient. Résultat : le rendement réel du livret A redevient négatif, à -0,68 %. Pour chaque euro laissé dessus, vous perdez du pouvoir d'achat, lentement mais sûrement.
Sur un livret A plein à 22 950 euros, cela représente environ 160 euros de pouvoir d'achat évaporés en douze mois. La prochaine révision du taux est attendue au 1er août, mais d'ici là, mieux vaut explorer d'autres pistes pour faire travailler son épargne. Et les Français l'ont bien compris : après une décollecte nette de 490 millions d’euros en mars, ce sont 1,28 milliard d’euros de retraits qui ont été effectués par les épargnants sur le mois d'avril. Depuis le début de l'année, la décollecte cumulée atteint désormais 4,38 milliards d'euros.
Le fond euros de l'assurance-vie, grand bénéficiaire de la conjoncture
Pendant que le Livret A subit cette baisse, les fonds euros de l'assurance-vie profitent de la situation. Le rendement moyen 2025 s'établit autour de 2,65 % nets de frais de gestion, et les projections de Good Value for Money tablent sur 2,9 % en 2026, soit plus d'un point de mieux que le Livret A. Gilles Belloir, directeur général de Placement-direct.fr, explique le phénomène : « Les taux à court terme ont eu tendance à baisser, mais les taux longs sont restés élevés. C'est ce qu'on appelle dans le jargon des assureurs la pentification de la courbe des taux ».
Ce décalage entre taux courts et taux longs est favorable aux assureurs : « Le métier d'un assureur-vie, c'est d'arbitrer entre le besoin de liquidité des épargnants et les placements obligataires à long terme. Comme l'argent à long terme rapporte plus, les assureurs font une partie de leurs placements sur des obligations d'État. Et en ce moment, les États empruntent cher, ce qui est favorable pour les épargnants », résume Gilles Belloir. « Depuis quasiment un an, les taux d'emprunt d'État montent de façon continue. Cela encourage les assureurs à rémunérer plus généreusement sur l'assurance-vie », ajoute-t-il.
Profiter des taux des obligations
Les offres sur l'assurance-vie se multiplient, avec des bonus sur versement proposés par certains acteurs, notamment les mutualistes. Mais Gilles Belloir appelle à la vigilance : « Ces bonus sont parfois conditionnés à une partie du versement en unités de compte, qui ne sont pas garanties ». Il est alors essentiel de diversifier et d'aller vers des unités de compte plus sécurisées : « Les marchés financiers sont assez hauts en ce moment, il faut donc de la prudence. Une des solutions est de placer sur des fonds obligataires court terme, qui ont peu de risque et qui restent une unité de compte », conseille l'expert.
« Plus on est court sur la partie obligataire, plus on a de chances d'avoir peu de variations. Plus on est long, plus on va être sensible à la conjoncture, car si les taux montent fortement, les obligations long terme à des taux plus bas vont perdre de la valeur », explique Gilles Belloir. De plus, les assurances-vie en ligne sont beaucoup plus liquides qu'avant : sur certains contrats, on peut retirer son argent en trois jours.
Les comptes à terme pour bloquer son épargne sur plusieurs années
Dernière option pour les épargnants prêts à immobiliser une partie de leur capital : le compte à terme. Le principe consiste à prêter une somme à une banque pour une durée fixée à l'avance, de quelques mois à cinq ans, en échange d'un taux d'intérêt connu dès le départ. Selon les données de Meilleurtaux Placement, les meilleures offres affichent entre 2,40 % et 3,40 % bruts pour des durées de 2 à 5 ans. « Les comptes à terme deviennent intéressants si on bloque l'argent quatre ou cinq ans. On arrive à des taux de 2,45 % ou 2,8 %, absolument sans risque », confirme Gilles Belloir. Il souligne également que « même si l'argent est bloqué, on peut toujours le récupérer en cas de grosse urgence, mais avec une pénalité sur les intérêts ». Cette pénalité peut aller jusqu'à 25 % ou 30 % des intérêts selon les établissements.











