C'est officiel depuis ce 1er février 2026 : le taux du Livret A tombe à 1,5 %. Une baisse qui fait mal pour les 58 millions de Français détenteurs de ce placement star. Concrètement, cela veut dire que sur un livret plein (22 950 €), vous ne gagnerez plus que 344 € par an, contre 551 € lorsque le taux était à 2,4 % il y a un an. Faut-il pour autant tout retirer et chercher mieux ailleurs ? Pas si simple. Le Livret A conserve des atouts uniques : capital garanti, liquidité totale, zéro fiscalité. La vraie question n'est donc pas «faut-il le garder ?», mais «jusqu'à quel montant et pour quel usage?».

Car il est indispensable de rappeler cette règle : avant de se lancer dans des placements plus rémunérateurs, il est bon de toujours conserver l’équivalent de quatre à six mois de dépenses sur son Livret A. Loyer, courses, factures, essence… Cette épargne dite «de précaution» sera accessible immédiatement en cas de coup dur pour pouvoir payer vos charges. C’est votre matelas de sécurité. Une fois ce socle constitué, vous pouvez envisager d'autres options selon votre situation.

Alors, quels placements deviennent intéressants avec la baisse du livret A ? Réponse en trois profils.

Pour un petit épargnant

Si vous avez peu d’argent à mettre de côté, il est compréhensible que vous ne souhaitiez pas prendre de risque avec. Le Livret A reste donc le bon placement. Avec son taux net, il fait mieux que les Supers Livrets des banques. De plus, vous pouvez retirer votre argent à tout moment, sans frais ni pénalité. Le taux de 1,5 % peut sembler faible, mais il reste supérieur à l’inflation attendue en 2026 (autour de 1,3 %).

Mais peut-être faites-vous partie des Français éligibles au LEP (Livret d’Epargne Populaire) ? Pour cela, vos revenus fiscaux de référence 2024 ne doivent pas dépasser 23 052 € (pour un célibataire) ou 35 296 € (pour un couple). Ce livret rapporte 2,5 % à la date du 1er février 2026, soit 67 % de plus que le Livret A, avec les mêmes garanties. Sur 10 000 € (son plafond), cela fait 250 € de gains annuels, contre 150 € pour la même somme sur un Livret A.

Vous épargnez pour un projet à moyen terme ?

Vous avez déjà constitué votre matelas de sécurité et vous préparez un achat immobilier ou un projet dans les trois à cinq ans à venir ? Le Livret A ne suffit plus. Il faut le compléter. Le premier placement vers lequel se tourner est le fonds euros en assurance-vie. Les meilleurs ont largement dépassé le Livret A en 2025 (avec CARAC à 3,55 % et Suravenir Opportunités 2 à 3 %) hors bonus. Pour 2026, les prévisions tablent sur un maintien autour de 2,5 % à 3 %. De plus, si votre assurance-vie atteint 8 ans, vous avez une fiscalité avantageuse (pour un célibataire, 4 600 € d’abattement sur l’impôt : seuls les 17,2 % de prélèvements sociaux sont dus). Un fonds euro avec un rendement de 3 % donne ainsi 2,48 % nets de prélèvements après abattement.

Il y a aussi les comptes à terme, qui proposent un bon rendement en échange de bloquer son argent plusieurs années. La durée est définie au moment de la souscription. Ils peuvent ainsi aller jusqu’à 2,85 % bruts, mais contrairement à l’assurance-vie, il n’y a pas d’avantage fiscal : c’est la flat tax de 31,4 % qui s’appliquera.

Vous pouvez également envisager le Plan épargne logement (PEL), qui affiche 2 % bruts. Mais avec à peine 1,40 % net (après flat tax à 30 %), il ne fait guère mieux que le Livret A, tout en vous imposant des versements mensuels obligatoires (45 € minimum) et un blocage de quatre ans. Son seul vrai intérêt est dans le cas où vous préparez l'achat d'une résidence principale : le droit à un prêt épargne logement de 92 000 € maximum au taux de 3,20 %. Un complément utile à votre crédit principal.

Pour un épargnant souhaitant diversifier

Si vous n’avez pas de projet à court ou moyen terme et de l’argent disponible, il est peut-être temps de le faire travailler. Mais attention, si vous avez retenu la leçon, vous avez compris qu’on ne touche pas à son matelas de sécurité : l’argent qu’on place est celui dont on ne risque pas d’avoir besoin avant plusieurs années.

Les SCPI (Sociétés civiles de placement immobilier) affichent des rendements séduisants, de 4,5 % à 8 % en moyenne. L’objectif : diversifier dans la pierre et toucher des loyers sans toutes les contraintes de l'immobilier "réel". Mais en contrepartie, votre capital n'est pas garanti et des frais d’entrée sont appliqués, de 8 à 10 %. C’est pourquoi il vaut mieux les garder au moins huit ans.

Enfin, placer son argent en bourse offre des perspectives de gains supérieurs sur le long terme (plus de 10 ans), mais avec une volatilité importante : votre capital peut fluctuer à la hausse comme à la baisse. Pour lisser au maximum ce risque, il va falloir diversifier le plus possible. Pour cela, les ETF sont les meilleurs instruments : ils permettent d’investir dans le monde entier en un seul produit financier, qui s’achète aussi simplement qu’une action.