
Une fois le socle de son patrimoine financier en actions et en obligations constitué, il faut conserver une place pour les produits alternatifs dont l’objectif est la diversification. Il s’agit généralement de placements décorrélés des marchés traditionnels. La liste est longue : l’immobilier, les infrastructures, l’investissement en actions non cotées (le private equity), la dette privée et, bien sûr, le métal jaune, etc. «L’or n’est plus cantonné au rôle de valeur refuge contre les crises. Il est devenu une classe d’actifs structurelle ayant toute sa place sur le long terme dans un portefeuille», analyse Arnaud du Plessis, gérant du fonds CPR Invest Global Gold Mines chez CPRAM. Le bitcoin ne joue pas le rôle de valeur refuge, mais il restera pertinent en 2026 dans une logique de diversification, avec un horizon de long terme.
Or
- Performance 2025 : + 55% pour l’once d’or, en dollars.
- Risque : de moyen à élevé
- Durée de détention : de quelques semaines à plusieurs années
Produit offrant un potentiel gain en hausse en 2026
C’est la star de l’année 2025 : l’or a franchi la barre symbolique des 3 000 dollars l’once en mars 2025, puis celle des 4 000 dollars en octobre, portant sa performance à plus de 50% depuis le 1er janvier. Le gain est un peu moins favorable pour les investisseurs en euros, le dollar ayant perdu environ 10% par rapport à la devise européenne. Ainsi, le lingot de 1 kilo atteint 110 000 euros, contre 80 600 euros fin 2024 (+ 36%) et 60 000 euros fin 2023 (+ 83%). Est-ce encore le moment d’investir ? La tendance reste favorable car les facteurs structurels ayant porté les cours depuis deux ans sont toujours d’actualité.
Les banques centrales des marchés émergents sont en effet engagées dans une politique d’achat massif d’or depuis 2022. «Les achats atteignent déjà 634 tonnes sur les neuf premiers mois de 2025, contre une moyenne de 400 à 500 tonnes par an avant 2022», ajoute Arnaud du Plessis. Ce phénomène illustre la volonté des Banques centrales de réduire leur sensibilité au dollar puisqu’elles renforcent leurs réserves en or plutôt qu’en bons du trésor américain. «Cela leur permet aussi de se prémunir contre une potentielle dévaluation du dollar», précise Arnaud du Plessis. Dans ce contexte, Goldman Sachs annonce un objectif de 4 900 dollars l’once pour 2026, tandis qu’UBS la voit à 4 200 dollars.
L’idéal est de lisser ses achats dans le temps. Les replis du cours de l’once sous les 4 000 dollars, en retrait de 10% par rapport au record historique de 4 380 dollars inscrit en octobre 2025, constituent un bon point d’entrée pour le long terme. Il est possible d’investir via la Bourse avec des ETC (exchange traded commodities, fonds de matières premières cotés en Bourse) qui répliquent l’évolution du cours de l’or, comme iShares Physical Gold ou Invesco Physical Gold.
L’alternative consiste à acheter des pièces ou des lingots auprès de sa banque, dans une officine spécialisée ou encore sur certains sites Internet. Le lingot de 1 kg n’est pas forcément la meilleure solution compte tenu de son prix unitaire élevé, à plus de 110 000 euros. «Il est possible de fractionner son investissement en achetant plusieurs lingotins de plus petit poids, en particulier de 20 à 500 grammes», indique Alexis Monceaux, directeur général du groupe Godot & Fils «en cas de besoin de liquidités, il sera possible de n’en vendre qu’un ou deux en fonction de ses besoins». Il existe aussi des lingotins de 1, 5 et 10 grammes mais leur prix est un peu plus élevé que leur poids en or en raison de coûts de fabrication plus importants. Pas idéal, donc. Côté pièces, le napoléon 20 francs, aux environs de 679 euros, permet aussi de fractionner son investissement.
Fiscalité de l’or physique : en l’absence de facture d’achat, une taxe globale de 11,5% s’applique sur le montant de l’or vendu. Si le prix d’achat peut être prouvé, il est possible d’opter pour une imposition de la plus-value au taux de 19% auxquels s’ajoutent 17,2% de prélèvements sociaux (18,6% si le projet de loi de financement de la Sécurité sociale devait être adopté). Un abattement pour durée de détention s’applique alors, de 5% par an à partir de la troisième année.
Notre sélection de 5 cryptos pour 2026

Cryptoactifs
- Performance 2025 du bitcoin : – 12,50% en euros
- Perte potentielle : 100%
- Durée de détention : de quelques heures à quelques mois
Produits offrant un potentiel gain en baisse en 2026
Déception pour les 6,5 millions de Français détenant des cryptoactifs : l’année 2025 n’a pas tenu ses promesses. Le bitcoin, star des cryptomonnaies puisqu’il représente 60% de la capitalisation totale, recule de 1,70% en dollars et de 12,50% en euros. «Historiquement, on observait des cycles de quatre ans sur le bitcoin : une année de chute, suivie par une année de transition, une année de reprise et une année euphorique, qui aurait dû être 2025, explique Manuel Valente, directeur scientifique de Coinhouse. Il semble que nous soyons sortis de ce type de cycles pour entrer dans un nouveau paradigme plus proche des actifs financiers traditionnels.»
Car, c’est un fait, le bitcoin est de plus en plus sensible aux indicateurs de la finance classique. Pendant une partie de l’année 2025, il a bénéficié de la méfiance envers le dollar américain, notamment liée à la paralysie budgétaire. Par ailleurs, la création d’ETF (fonds indiciels cotés) sur le bitcoin début 2024 a permis aux investisseurs institutionnels de se positionner massivement : «10% des bitcoins en circulation sont désormais entre les mains d’opérateurs institutionnels, notamment via des ETF. Cela contribue à réduire la volatilité, car ils sont moins enclins aux mouvements d’euphorie ou de panique que les particuliers», analyse Manuel Valente, qui reste confiant sur l’évolution des cours ces prochains mois. JPMorgan prévoit un bitcoin à 170 000 dollars dans les six à douze mois, tandis que Citi l’annonce à 181 000 dollars, contre 90 000 à 100 000 dollars actuellement.
Les particuliers les plus avertis peuvent aussi s’intéresser à d’autres cryptos. Dans tous les cas, il faut bien choisir son intermédiaire, car les arnaques s’appuyant sur de faux sites fleurissent dans ce domaine. Et s’orienter impérativement vers une plateforme figurant dans la liste blanche des acteurs enregistrés en tant que prestataire de services sur actifs numériques (PSAN) de l’AMF. Ces derniers ont jusqu’au 1er juillet 2026 pour obtenir l’agrément européen Mica.
Certains acteurs visent notamment les épargnants néophytes, à l’instar de Bitstack, Coinhouse, Crypcool, Paymium ou StackinSat. «La meilleure façon d’investir est de le faire régulièrement : chaque semaine ou chaque mois, car cela permet de réduire sensiblement la volatilité de son portefeuille en lissant le point d’entrée», conseille Jonathan Herscovici, le fondateur de StackinSat, qui propose des plans d’investissement à partir de 10 euros par mois. Particularité, cette plateforme propose exclusivement du bitcoin : «Le bitcoin constitue une réserve de valeur et un moyen de paiement, contrairement aux autres cryptos. Il est devenu incontournable» ajoute Jonathan Herscovici.
La plupart des plateformes proposent à leurs clients de récupérer leurs cryptos pour les conserver eux-mêmes sur un portefeuille physique, comme le Ledger, qui ressemble à un petit boîtier. Mais il est aussi possible de confier la conservation des précieux actifs à la plateforme, moyennant des frais supplémentaires.
Fiscalité : aucune si les échanges se font entre cryptomonnaies. Lorsqu’une crypto est revendue contre des euros, la plus-value supporte les prélèvements sociaux de 17,2% (18,6% si le projet de loi de financement de la Sécurité sociale devait être adopté), ainsi que l’impôt sur le revenu au taux de 12,8% pour les investisseurs particuliers réalisant des opérations à titre occasionnel.
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