Ouvrir un plan d’épargne retraite (PER) à 70 ans, voire une fois à la retraite ? La question revient souvent, notamment chez les retraités tentés par l'avantage fiscal du dispositif. En théorie, la réponse est oui. En pratique, la réalité est plus nuancée.

La loi Pacte de 2019, qui a créé le PER, n'a fixé aucune restriction d'âge ni de statut professionnel. Réglementairement, rien n'empêche donc un assureur de proposer à un retraité ou un septuagénaire d'ouvrir un PER. Un cadre très souple qui laisse aux compagnies toute latitude pour fixer leurs propres règles, contrat par contrat : âge maximal à la souscription, obligation d’être encore en activité, parfois même résidence fiscale en France.

Résultat, un paysage très hétérogène qui impose de vérifier chaque contrat dans le détail. Ainsi, les PER fermés aux souscriptions après 64 ans, ou dès l’âge légal de la retraite, sont majoritaires. Cela dit, on en trouve quand même un certain nombre qui acceptent encore de nouveaux adhérents âgés de 64 à 70 ans, mais le plus souvent sous condition d’activité professionnelle. Une nuance importante : à 66 ans, on peut être retraité… ou toujours en emploi.

Jusqu’à 75 ou 80 ans… pour de très rares contrats

Quant aux contrats accessibles au-delà de 70 ans, ils se font rares, mais ils existent. Nous en avons même repérés qui acceptent les nouvelles adhésions jusqu’à 80 ans ! La contrepartie est toutefois quasi systématique : être encore en activité et percevoir des revenus professionnels. Ces PER sont généralement distribués par des réseaux ciblant les professions libérales ou par des courtiers internet.

Pour compliquer encore le tableau, certains assureurs entretiennent le flou dans leur notice d’information : aucune limite d’âge clairement affichée, voire la possibilité de dérogations accordées au cas par cas ! À cela s’ajoute parfois une exigence de résidence fiscale en France, excluant de fait les retraités installés à l’étranger. De toute façon, rappelons que dans ce cas, l’intérêt fiscal est nul.

Sexagénaire ou septuagénaire, encore actif ou retraité, en cherchant un peu, vous pouvez donc toujours dénicher un PER adapté à votre profil. Mais encore faut-il que l’opération ait du sens. Une fois à la retraite, l’avantage fiscal perd largement de sa substance, faute de réel différentiel de tranche d’imposition. Et pour les versements, la déduction maximale reste plafonnée à 10% du PASS (4 806 euros en 2026).

Faire jouer la concurrence, même à la retraite

L’enjeu est ailleurs. Ouvrir un nouveau PER à la retraite peut surtout servir à transférer un ancien contrat peu compétitif vers un nouveau plus avantageux, une opération gratuite après cinq ans de détention. Un point à examiner de près, surtout si vous voulez sortir en rente, où les écarts de frais peuvent peser lourd. À noter : certains PER, pourtant explicitement fermés aux nouvelles souscriptions par un retraité, acceptent malgré tout les transferts de contrats existants, même une fois à la retraite.

Fin 2024, des parlementaires ont tenté d'imposer un âge maximal à la souscription, sans succès pour le moment. Mais un précédent existe : le législateur a déjà durci les règles en 2023 en interdisant l'ouverture d'un PER aux mineurs. Les contrats accessibles à un âge avancé sont peut-être en sursis.