Les contribuables les plus imposés l’ont bien compris, le Plan d’Épargne Retraite (PER), couteau suisse de l’épargne de long terme avec son fonds euros et ses unités de comptes présente de nombreux avantages fiscaux. La collecte s’accélère sur ce produit créée par la loi Pacte en 2019 et l’encours approche 120 milliards d’euros.

Premier de ses avantages : la déduction fiscale des versements sur le revenu. Vous trouvez le montant de votre plafond de déduction personnalisé sur votre avis d’imposition pour 2025. A faire avant le 31 décembre en principe, mais ne tardez pas car certains assureurs pourraient fermer leurs portes avant Noël.

Plus vous êtes imposé, plus la déduction fiscale est efficace. «Pour tirer pleinement parti de la déduction fiscale sur les versements, il est recommandé d’être au minimum imposé dans la tranche marginale d’imposition à 30%, dont le seuil débute à 29 315 euros pour un célibataire avec une part», indique Frédéric Largeron, responsable banque patrimoniale de SG. Il faut aussi que cette épargne puisse être bloquée jusqu’à la retraite (hors accident de la vie ou achat de la résidence principale). «Nous discutons avec nos clients pour vérifier qu’ils ont intérêt à souscrire, notamment pour ceux qui gagnent moins de 60 000 euros par an», indique Aymeric Richard, dirigeant de Chartrons Patrimoine.

PER : des avantages par rapport à l'assurance vie

En contrepartie de la déduction fiscale à l’entrée, les retraits ou les rentes seront plus fortement imposées à la sortie. Le dispositif sera donc plus efficace pour ceux dont le taux d’imposition marginal diminuera à la retraite. Exemple, un épargnant de 45 ans imposé à 30% verse 10 000 euros par an pendant vingt ans. Il bénéficie d’une déduction de son revenu imposable de 30% (soit 3 000 euros) ce qui réduit son effort d’épargne annuel à 7000 euros par an calcule Aymeric Richard, soit 140 000 euros en 20 ans.

Deuxième avantage, successoral celui-là, de ce produit créé en 2019 par la loi : «le bénéfice de l’économie d’impôt n’est pas repris par le fisc en cas de transmission au décès du titulaire à ses héritiers et les sommes échapperont alors aux prélèvements sociaux. Le PER bat l'assurance vie sur ces deux points» souligne Gilles Belloir. En effet les prélèvements sociaux ne sont pas pris au fil de l'eau sur les produits dédiés à la retraite mais seulement lors des retraits ou de leur transformation en rente contrairement aux fonds euros d’assurance vie.

Hausse des prélèvements sociaux

Cependant «le projet de loi de financement de la sécurité sociale (PLFSS) a acté la hausse de la CSG de 1,4%, en conséquence de quoi les prélèvements sociaux passeront de 17,2% à 18,6% dont 10,6% contre 9,2% au titre de la CSG», précise Benoît Berchebru, directeur Ingénierie Patrimoniale groupe, d’Astoria Finance. «Les produits retraite n’y échappent pas, contrairement à l’assurance vie».

En revanche, du côté du projet de loi de finances (PLF), rien n’est encore acté à ce jour l’Assemblée nationale et le Sénat ne s’étant pas encore accordés. Les deux Chambres ont voté chacune de leur côté la suppression de l’avantage fiscal à la souscription des PER pour les plus de 70 ans afin de «réorienter le dispositif du plan d’épargne retraite (PER) vers l’objectif prioritaire de financement de la retraite» comme le précise le Sénat, et ont voulu toutes deux accroître le reliquat défiscalisable en remontant sur cinq ans au lieu de trois ans. À défaut d'accord des deux chambres sur le PLF, la loi spéciale que le gouvernement va présenter ce lundi 22 décembre permettra d’assurer la continuité du prélèvement de l’impôt, sans pour autant instituer de nouvelles taxes.